jueves, 9 de agosto de 2012

Hungría y la Shoah

SOURCE: http://primus.arts.u-szeged.hu/legegyt/oktatok/Karsai_Laszlo/HongriehistShoah.htm Sur l'historiographie de la Shoah hongroise par László KARSAI-Judit MOLNÁR Une victime sur dix de la Shoah, à savoir environ 550.000 personnes, était d'origine juive hongroise ou déporté de Hongrie. Le 19 mars 1944, quand les troupes allemandes ont occupé la Hongrie, la majorité des Juifs hongrois étaient encore en vie. Selon les données officielles du recensement de 1941 et selon des estimations fiables, 725.000 personnes de religion juive et environ 100.000 convertis (Juifs convertis à la foi chrétienne) vivaient en Hongrie. Jusqu'au 15 mai 1944, Adolf Eichmann et son Sondereinsatzcommando d'environ 200 personnes ont organisé la stigmatisation, la spoliation et l'enfermement en ghettos de plus de demi-million de Juifs, tout cela accompagné d'un soutien discipliné, parfois expressément zélé des autorités hongroises, à la joie d'une partie non négligeable de la population et à l'indifférence de la majorité. La déportation massive des Juifs hongrois a commencé le 15 mai 1944. En moyenne de 3 à 5 trains par jour quittaient le bassin carpatique et de 8.000 à 12.000 Juifs arrivaient chaque jour à Auschwitz. Le 6 juillet, pour des raisons et des considérations qui ne sont toujours pas claires, Miklós Horthy, le Régent de la Hongrie (21 mars 1920 - 15 octobre 1944), a arrêté les déportations. Eichmann, déçu, a quitté Budapest en août et il n'y est rentré qu'après la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées (15-16 octobre 1944) pour organiser la déportation de plusieurs milliers de Juifs, en majorité à pied. Les ouvrages spécialisés ont plus ou moins éclairci ce qui était arrivé aux Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale. Les ouvrages spécialisés et littéraires portant sur la Shoah hongroise sont extrêmement riches, la bibliographie de deux volumes de R. L. Braham comportent près de 8.000 entrées. Bien sûr, la quantité ne veut pas forcément dire qualité en ce cas-là. La bibliographie de R. L. Braham mentionne aussi de nombreux ouvrages spécialisés et littéraires médiocres, subjectifs et obsolètes. D'une manière sans exemple et en même temps exemplaire (aussi) en Europe de l'Est, des travaux de synthèse à valeur scientifique, des journaux et des mémoires précieux portant sur le sort des Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale ont déjà paru dès 1945. Ce n'était qu'une période relativement courte, de 1948 à 1956, que la Shoah hongroise faisait partie des sujets non tolérés et s'est vu refouler dans le ghetto des commémorations rituelles des communautés juives. Ilona Benoschofsky et Elek Karsai ont commencé à publier la série de documents présentant l'histoire de l'année de 1944 après l'oppression de la révolution de '56. La publication du IV e volume de cette série, présentant le sort des Juifs de Budapest pendant la période du pouvoir des Croix-Fléchées jusqu'à la libération de Pest, (15 octobre 1944 – 18 janvier 1945) est prévue pour l'année prochaine. Pendant la seconde guerre mondiale, c'était uniquement les Juifs hongrois qui ont été requis pour le service du travail obligatoire, S.T.O. ( munkaszolgálat ) sans arme dans l'armée. Dans les autres pays où les Juifs ont été forcés à travailler, c'était sous la direction de la SS, de la police où du Ministère de l'Intérieur. L'histoire du S.T.O. a été traitée la première fois par deux volumes de documents choisis, rédigés par Elek Karsai, mais les ouvrages spécialisés sont devenus plus nombreux dans ce domaine aussi en Hongrie. Il y a néanmoins besoin d'effectuer des recherches supplémentaires dans les archives concernant ce sujet et tout particulièrement la période de 1939 à 1944. Au début les meilleurs spécialistes ont cherché à décrire ce qui est exactement arrivé aux Juifs hongrois. Ces descriptions factographiques ont rarement posé la question de type "comment cela a pu arriver". Si jamais ils ont examiné la question de la responsabilité historique avant le changement de régime communiste (1989-1990), ils se sont généralement contentés de la dénonciation sommaire du régime Horthy. Selon ces ouvrages spécialisés, le sauveteur, la rédemptrice des Juifs hongrois et du peuple hongrois était l'Armée Rouge soviétique. La falsification voulue et grossière des faits historiques était rare, il était plus fréquent que l'on ne discutait pas certaines questions dites sensibles et l'on ne traitait pas du tout celles-ci. Une des rares exemples de falsification est celle de Jeno Lévai qui a écrit un livre biographique sur Raoul Wallenberg comportant par ailleurs de nombreux documents originaux précieux. Il a pourtant essayé de prouver à la fin de son livre que le diplomate suédois, le sauveteur de la vie de plusieurs milliers de Juifs pendant le régime des Croix-Fléchées, avait probablement été tué par ces derniers. Tout discours sur des résistants non communistes était difficilement compatible avec le mythe de l'Armée Rouge sauveteur/rédemptrice, on a donc gardé le silence sur cette question ou bien on a renforcé l'histoire de la résistance communiste antifasciste en Hongrie, par ailleurs si faible qu'elle était pratiquement insignifiante, par les actes d'héroïsme des résistants sionistes, tout en cachant le fait que les communistes hongrois n'ont jamais essayé de secourir les Juifs persécutés, même pas avec un seul tract. Depuis 1989-1990, la Shoah hongroise est devenue un sujet de plus en plus fréquent aussi dans les débats de politique actuelle. Les questions majeures débattues: • Le nombre des victimes . Tamás Stark, déjà à la fin des années 1980, en s'occupant des pertes d'hommes hongroises pendant la guerre, a essayé de prouver par un raisonnement peu convaincant que le chiffre d'environ 550-600.000 victimes juives hongroises était fortement exagéré. Pour commencer, en 1989, Stark a encore avancé un chiffre de moins de 310.000 de morts juifs hongrois mais récemment il est arrivé à un nombre de victimes d'environ 500.000. Ses premières estimations ont été ouvertement critiquées à la conférence internationale d'historiens organisée à Budapest en 1994. Il convient de mentionner ici que László Karsai a suscité une grande tempête parmi les intellectuels et surtout les intellectuels tziganes quand dans sa monographie sur la Shoah tzigane il a réfuté le chiffre de 30-70.000 victimes, jusque-là généralement accepté par l'opinion publique, et a avancé un chiffre d'environ 5.000-10.000 tziganes persécutés et quelques milliers de morts. • La question de la responsabilité Le régime Horthy est entré dans la guerre contre l'Union Soviétique le 26 juin 1941 du côté des nazis. Trois cent mille soldats et plusieurs milliers de civils ont péri pendant la seconde guerre mondiale, le territoire du pays étant devenu une zone d'opérations militaires du début de l'automne 1944 jusqu'au printemps 1945. Vers 1990, certaines personnes ont essayé de justifier le rôle du régime Horthy pendant la seconde guerre mondiale en écrivant des articles sur une prétendue menace soviétique et d'une guerre anticommuniste juste (d'une croisade). Un des "sous-produits" de cette approche était de présenter les soldats menés à l'abattoir sur le front de l'Est comme des héros défendant la partie, tombés au champ d'honneur, et de commémorer les morts parmi les requis (juifs) pour le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) militaire tout simplement comme des " martyrs ". Après le changement de régime, la position présentant la Hongrie comme un vrai asile, un "île" pour les Juifs hongrois vivant ici et les Juifs slovaques, autrichiens, polonais, etc. réfugiés ici jusqu'à 1944, l'occupation allemande, s'est renforcée et, non sans un soutien gouvernemental appréciable, s'est généralisée. Les adeptes de cette approche apologétique, apparue en premier lieu dans les pamphlets, étaient très réticents à mentionner le fait qu'entre 1938 et 1942 une série de lois sur les Juifs a exclu aussi les Juifs hongrois de l'égalité de droit des citoyens. Milliers des Juifs ont perdu leurs emplois, leurs entreprises, tous leurs biens, environ 1 million d'arpents cadastraux ont été "aryanisés". Ceux défendant Horthy et ses gouvernements au pouvoir pendant la seconde guerre mondiale rechignent encore plus à parler des antécédents du massacre de Kamenyec-Podolszkij (27-28 août 1941, environ 23.000 morts) que des lois sur les Juifs. En effet, en juillet-août 1941 les autorités militaires et de l'intérieur hongroises, même sans avoir consulté les nazis, se sont mises à la "déjudaisation" et ils ont raflé les Juifs apatrides ou d'une nationalité douteuse par centaines et les ont repoussés à la frontière. Ils avaient déporté en tout environ 16-18.000 Juifs et contrairement à ce qu'on pouvait lire pendant longtemps même dans les ouvrages spécialisés généralement acceptés, l'action n'a pas été arrêtée par le ministre de l'intérieur, Ferenc Keresztes-Fischer et même pas suite aux protestations. Au fait, c'étaient les nazis qui ont forcé les autorités hongroises à mettre fin à des déportations. Cette image de la Hongrie comme l'île d'asile idyllique des Juifs était ternie d'une manière embarrassante aussi par le souvenir des "jours froids" d'Újvidék en janvier 1942, au cours desquels, sous le prétexte d'une raffle organisée pour le dépistage des partisans, près de 3000 personnes, parmi eux presque 1000 Juifs ont été massacrées par des soldats et gendarmes hongrois. Il importe de mentionner toutefois que les officiers de l'armée responsables du massacre ont été traduits devant le tribunal militaire et condamnés, d'une manière sans exemple dans les pays européens alliés aux nazis. Il est pourtant aussi vrais que les prévenus en liberté ont fui en Allemagne pour éviter l'exécution du jugement et ne sont revenus qu'avec les occupants nazis. Comme il était difficile, voire impossible de nier ces faits, les apologistes du système Horthy ont essayé de blanchir au moins le Régent. Ils essayent d'expliquer l'entrée dans la guerre par les contraintes géopolitiques et d'une prétendue provocation soviétique. Les ouvrages spécialisés généralement reconnus ont éclairci déjà dans les années 1970 qu'au début les nazis ne prévoyaient pas la participation de la Hongrie dans la guerre contre l'Union Soviétique. Les apologistes de Horthy, depuis 1990, ont essayé de modifier le rôle du "pays satellite réticent", inventé plus tôt par le historien communiste György Ránki, en mettant l'emphase de plus en plus sur "réticent". Certains essayent d'expliquer l'adoption de la première loi sur les Juifs en 1938 par l'Anschluss et les lois suivantes sur les Juifs par une pression allemande directe. En réalité, en 1938 et 1939, les Allemands n'exerçaient encore aucune pression pour radicaliser la politique hongroise concernant les Juifs. Une telle pression ne peut être démontrée qu'à partir de 1940. Les raisons principales de notre entrée dans la guerre contre l'Union soviétique consistaient en l'anticommunisme aveugle d'une partie considérable de l'élite politique du pays, leur avidité pour le butin et la mauvaise appréciation des rapports de forces. Les défenseurs de Horthy mettent l'emphase sur le fait que malgré les lois sur les Juifs, la Hongrie montrait une résistance héroïque quand les nazis ont d'abord demandé, ensuite exigé la déportation des Juifs hongrois. Les adeptes de la théorie d'une "Hongrie-île" protégeant les Juifs créent de Horthy un réel sauveteur des Juifs. Ils disent qu'il a reçu les Procès-verbaux dits d'Auschwitz seulement le 2 juillet 1944, et a immédiatement arrêté les déportations en déployant même son armée pour protéger les Juifs de Budapest. En réalité, Horthy et Miklós Kállay, le premier ministre, ont été informés de plusieurs sources, entre autres par Döme Sztójay même, ambassadeur hongrois à Berlin, ce que „ Endlösung der Judenfrage ” voulait réellement dire. Ce n'était pas pour des considérations philosémites ou humanitaires générales que Horthy et Kállay n'ont pas autorisé la déportation des Juifs. Ce qui comptait à Budapest, c'était que Mussolini n'a pas livré ses "propres" Juifs et que ses officiers défendaient les Juifs sur les territoires occupés par les Italiens, d'Athènes à Nice. Les diplomates hongrois ont annoncé dans leurs rapports également que les nazis faisaient face à de plus en plus grandes difficultés déjà l'automne 1942 en Roumanie, dans la France de Pétain et même dans le petit Etat fantoche de Slovaquie quand ils voulaient continuer les déportations. La direction hongroise croayait que la déportation des Juifs hongrois mènerait à des troubles socio-économiques. Les dirigeants croyaient également qu'en ne permettant pas la déportation des Juifs ils pouvaient augmenter leur crédit politique à Londres, à Washington et à Moscou. Après 1990, les mémoires des dirigeants de l'ère Horthy ont été publiés l'un après l'autre aussi en Hongrie. Les mémoires de la belle-fille de Horthy étaient pendant longtemps en tête des listes de ventes. Les pamphlétaires et les personnages publics niant et mettant en cause tous les résultats de l'historiographie précédant 1990 se réfèrent à ces mémoires comme à des sources historiques irréfutables. Le leader de l'extrême-droite hongroise, István Csurka, qui par ailleurs imite Le Pen et le prend pour modèle, ne nie pas les faits de la Shoah hongroise dans son oeuvre volumineuse de pamphlétaire. Voilà ce qu'il dit, à sa manière singulière: "L'antisémitisme des nazis a conduit, d'une manière déplorable, aux chambres à gaz" Csurka n'affirme pas plus que l'on parle trop des souffrances des Juifs hongrois afin de perpétuer le sentiment de culpabilité des Hongrois. Or si ce sentiment de culpabilité n'existait pas, les jeunes hongrois pouvaient se mettre sans problème à la récupération des territoires détachés de la Hongrie à Trianon en 1920.. Csurka reconnaît les faits de la Shoah hongroise, par exemple, les plus de demi-million de victimes aussi pour qu'il puisse affirmer avec encore plus de force que les Juifs ont introduit le communisme aussi en Hongrie par vengeance, à cause de la Shoah. Pourtant le peuple hongrois est innocent parce que ce n'est que les occupants allemands et leurs complices, les Croix-Fléchées qui sont responsables de la Shoah – dit aussi Csurka. La nouvelle/ancienne droite garde le silence profond sur le fait que Miklós Horthy, après une hésitation courte, est resté à sa place après le 19 mars 1944 et que les allemands n'ont pas mis au pouvoir les Croix-Fléchées et leur leader, Ferenc Szálasi, mais c'est Döme Sztójay qui est devenu le nouveau premier ministre. Non seulement la signature de Horthy brille sur l'acte de nomination du nouveau gouvernement hongrois, un "vrai" gouvernement à la Quisling, mais en plus il a nommé László Endre et László Baky, généralement connus comme des antisémites sauvages, qui détenaient la distinction accordée aux serviteurs de l'État sous le régime Horthy, secrétaires d'état du Ministère de l'Intérieur, des postes clés. Comment Horthy et l'élite politique qui lui était fidèle aurait pu éviter l'occupation allemande de la Hongrie est un problème ardu. István Deák, professeur américain, mentionne dans sa critique sur le livre de R. L. Braham que si les Hongrois avaient collaboré avec les Allemands avec plus d'enthousiasme et avaient changé de camp au bon moment, après des préparations adéquates, comme les Roumains, les Juifs hongrois auraient pu survivre à la guerre comme leurs coreligionnaires roumains. Les personnes mises en examen dans le procès Sztójay, par contre, ont affirmé qu'à part les tentatives maladroites de Horthy pour obtenir une paix à part, sa politique de protection excessive des Juifs a également contribué à la détérioration fatale des relations allemandes-hongroises. Après 1945, l'on considérait pendant un bon moment que Horthy aurait dû se préparer à l'occupation, voire il aurait dû résister. Même les critiques les plus sévères de Horthy reconnaissent que la Wehrmacht aurait rapidement brisé la résistance mais l'on peut se demander à quel point le fait d'une occupation évidente et brutale aurait été pris en compte après la seconde guerre mondiale, par exemple pendant les négociations de paix de Paris. Il n'est pas du tout sûr que résister aux Allemands aurait demandé plus de sacrifice en hommes que de lutter de leur côté contre l'Armée Rouge et de déporter les Juifs en collaboration avec la SS. Mais il n'est pas sûr non plus que l'état-major, en majorité pro-allemand, aurait été prêt à lutter contre la Wehrmacht en mars 1944 si Horthy le leur avait ordonné. Il est aussi douteux combien de fonctionnaires, par exemple, auraient suivi Horthy si le régent avait abdiqué le 19 mars 1944 et avait essayé de les appeler à la résistance. Selon les apologistes de Horthy, après le 19 mars 1944 il était impuissant, un prisonnier des occupants. Cette affirmation est difficilement compatible avec le fait que plus tard Horthy est quand même célébré en tant que sauveteur des Juifs (de Budapest). En effet, le 6 juillet 1944, comme mentionné plus haut, il a arrêté les déportations. Tout ceci après la déportation de 437.000 Juifs, dont la majorité à Auschwitz. Nous ne connaissons pas les motifs exacts de Horthy. En dehors de la situation militaire, ne cessant pas de se détériorer, Horthy a aussi été influencé par les protestataires étrangers et hongrois et il avait peur que – une fois les Juifs déportés de Budapest (il s'agissait d'environ 250.000 personnes qui attendaient leur destin non pas dans le ghetto mais dans des maisons à l'étoile jaune aux divers endroits de la capitale) – la force de l'air anglo-saxonne aille lancer un bombardement intense contre Budapest. Horthy croyait que l'objectif du secrétaire d'état Baky n'était pas de déporter les Juifs de Budapest, mais d'organiser un coup d'Etat contre lui. Horthy a certainement fait diriger le régiment blindé d'Esztergom à Budapest en raison de protéger son propre pouvoir et non pas les Juifs. Certains essayent de présenter le fait que Horthy a tenté de changer de camp après avoir dissolu le gouvernement Sztójay le 29 août 1944, comme si c'était son immense mérite. Le corps d'officiers, en majorité pro-allemand, toutefois, n'a pas suivi son Régent le 15 octobre 1944 et les nazis ont placé Szálasi et sa racaille de Croix-Fléchées au pouvoir. • Les Conseils des Juifs, les résistants sionistes Lévai, Munkácsi et autres ont souligné la question de la responsabilité des dirigeants du Conseil Central des Juifs, en soulignant par exemple que bien que ces derniers sussent ce que les nazis et leurs complices faisaient avec les Juifs partout en Europe, ils ne les ont pas appelés à la résistance, ni ont pas encouragé leurs coreligionnaires à se sauver. Les responsables du Conseil des Juifs (Samu Stern, Károly Wilhelm, Erno Peto, Béla Berend) mais aussi plusieurs résistants sionistes (Rezso Kasztner, Ottó Komoly) sont donc devenus traîtres de leur peuple, des collaborationnistes lâches ne se souciant que de leur propre vie, comme on le pensait aussi en Israël à l'époque. R. L. Braham, suivant Jeno Lévai aussi dans ce domaine-là, ne pose même pas la question de savoir comment, de quelle manière les responsables du Conseil auraient pu informer les masses juives s'ils avaient souhaité le faire. Ils n'examinent pas non plus la question de savoir, comment, où et combien de personnes auraient pu se sauver si les Juifs hongrois étaient informés de la réalité d'Auschwitz. Suite aux nouvelles recherches, nous voyons de plus en plus clairement que ce n'étaient pas les informations concernant la Shoah qui faisaient défaut mais la majorité des Juifs tout simplement ne voulait pas, ne pouvait pas y croire. Krisztina Munkácsi a prouvé que le procès de tribunal populaire de Béla Berend, ancien grand rabbin de Szigetvár, ayant parcouru une des carrières les plus controversées parmi les membres du Conseil Central des Juifs, a été pour la plupart fondé sur des accusations forgées des toutes pièces. Judit Molnár a publié de nouvelles données remarquables sur l'organisation du Conseil Central des Juifs. Actuellement, elle travaille avec Gábor Kádár sur la publication hongroise du "Rapport" écrit par Rezso Kasztner après 1945. On peut espérer que cette publication contribuera à ramener le débat sur Kasztner et sur la question de savoir s'il était un "héros" ou un "traître" sur une base de recherches historiques. Depuis 1990, plusieurs ouvrages ont été publiés sur les activités des résistants sionistes . Les anciens résistants, en majorité vivant aujourd'hui en Israël et à juste titre fiers des leurs actes injustement oubliés ou sciemment passés sous le silence, ainsi que l'historien mandaté par eux, ont réagi avec une colère offensée quand certains historiens ont mis en cause certaines de leurs exagérations. Toute une série de documents prouve par exemple qu'un Schutzpass ou un Schutzbriefe ne signifiaient pas forcément le salut de son porteur en automne 1944, pendant le régime des Croix-Fléchées. La valeur des sauf-conduits, forgés dans une grande nombre, s'est diluée, en mettant en danger aussi les porteurs des sauf-conduits vrais. Les prisonniers du ghetto de Pest ont été alimentés non seulement par les sionistes, mais aussi par exemple par l'office compétent de la capitale et l'on pourrait mentionner encore de nombreuses questions controversées. Les experts sont néanmoins d'accord avec les résistants encore vivants sur le fait qu'ils étaient bel et bien des résistants même si ce n'était pas avec des armes de feu qu'ils luttaient contre les nazis et leurs complices, les croix-fléchées. • Le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) Les survivants de la Shoah, en désaccord avec l'extrême droite, ont des difficultés à accepter que le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) ne soit pas considéré de la même manière qu'Auschwitz-Birkenau. A leurs avis, il ne s'agit que des méthodes différentes de l'extermination systématique des Juifs. C'est ainsi que le camp de Bor et d'autres camps du travail forcé deviennent des camps d'extermination et la seule appellation acceptée par certains pour les compagnies de S.T.O. est le "gibet en mouvement". C'est un des paradoxes de l'histoire du S.T.O. hongrois que même si avant 1944 c'était un des plus efficaces instruments de la destruction des Juifs, après l'occupation allemande, au printemps 1944, le Ministère de la Défense a "protégé" les Juifs de la déportation. Récemment, certains spécialistes de l'histoire militaire ont révisé le chiffre d'environ 40.000 victimes requis, chiffre généralement accepté par les ouvrages spécialisés et les pamphlétaires, et affirment que "seulement" environ 25.000 Juifs sont morts sur le front de l'Est, dont la majorité, en plus, non pas à la suite des actes militaires mais dans les camps soviétiques. Les "analyses" comparant les pertes de soldats sur la première ligne aussi avec la perte de requis dans l'arrière pays laissent penser explicitement ou implicitement que les circonstances des requis Juifs étaient au fait meilleures que celles des simples soldats. Les ouvrages spécialisés récents essayent de dessiner une image nuancée du S.T.O., des gardes et des officiers entre autres en utilisant les procès-verbaux des témoignages des requis ayant survécu au S.T.O., enregistrés encore en 1945. Les procès de tribunal populaire après-guerre des miliciens et des officiers ayant brutalisé les requis constituent une source importante. Leur traitement thématique et analytique sera une des tâches de l'avenir proche. Ferenc Gáspár a frayé le chemin dans ce domaine par l'analyse détaillée d'un procès suivant la guerre portant sur le S.T.O. Son analyse porte sur les documents de tribunal populaire des prétendus responsables du carnage ayant eu lieu en octobre 1944 à la gare de Kiskunhalas. Le travail de Gáspár démontre que quelques anciens requis se sont associés pour tenter de se venger de la mort de leurs pairs sur les soldats et quelques officiers hongrois accompagnant les requis puisqu'on ne pouvait pas intercepter les officiers et les soldats responsables de la tuerie. L'accès aux procès de tribunal populaire, en premier lieu des procès des plus grands criminels de guerre hongrois avance bien depuis les dernières années. Les ouvrages spécialisés ont déjà prouvé d'une manière convaincante que l'affirmation selon laquelle presque tous les responsables aient échappé à la justice en Hongrie n'était pas vraie. Comme il est aussi exagéré de dire que les Juifs assoiffés de vengeance aient massacré par milliers ceux dont ils pensaient d'avoir été d'une manière ou d'une autre responsables de la Shoah. Moins de 200 personnes ont été exécutées pendant les trois années suivant la guerre en vertu du jugement du tribunal populaire pour des crimes de guerre et/ou crimes contre le peuple. • Sauvetage d'hommes, collaboration Le Département de Justes parmi les nations Yad Vashem a décerné jusqu'à présent le titre de "Juste parmi les nations", conférant un grand honneur à son porteur, à environ 500 Hongrois ou étrangers ayant sauvé des Juifs en Hongrie (parmi ces derniers Raoul Wallenberg est le plus connu mais ses pairs pleins de mérite ont aussi reçu la distinction, entre autres Carl Lutz, Angelo Rotta, Friedrich Born). Il est certain qu'il y avait plus de personnes hongroises ayant sauvé des Juifs. Rien qu'en étudiant les procès de tribunal populaire de 1945-1946 nous avons trouvé plus de cent cinquante hommes et femmes qui mériteraient cette distinction. Parler des Hongrois ayant sauvé des Juifs a toutefois ses dangers parce, que bon gré mal gré, l'attention se focalise sur eux, les très peu de personnes courageuses et dévouées, et l'on s'occupe moins qu'on ne le devrait des masses silencieuses, indifférentes ou souvent activement antisémites. Parfois on oublie qu'en Hongrie jusqu'à la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées, c'est-à-dire jusqu'au 15 octobre 1944, ceux qui sauvaient des Juifs ne mettaient en danger que leur emploi ou leur liberté personnelle et tout ceci n'impliquait pas encore un danger de mort pendant le gouvernement Sztójay. Aussi certaines forces politiques ont-elles tenté de réhabiliter la gendarmerie (d'un effectif d'environ 20.000 en 1944) dont les membres avaient participé à la déportation des Juifs de province d'une manière disciplinée presque sans exception et beaucoup parmi eux avec un enthousiasme manifeste. Certains élus parlementaires du Parti indépendant des petits propriétaires, parti de droite, en profitant du désir des grandes masses urbaines et villageoises pour l'ordre, ont commencé à évoquer d'une manière nostalgique la gendarmerie en disant qu'autrefois, quand elle était responsable du maintien de l'ordre dans les villages, il y avait de l'ordre, de la paix et une sécurité des biens. Il y en a beaucoup qui affirment que les gendarmes ne participaient aux déportations en 1944 que sur ordre, suite aux instructions de leurs supérieurs, tout comme les fonctionnaires et les cheminots. En ce qui concerne les déportations, ils se sont efforcés de les exécuter d'une manière polie, humaine, et il n'y avait pratiquement pas de cruautés. En mettant au premier plan les hauts dignitaires ecclésiastiques ayant résisté et sauvé des Juifs en 1944, certaines personnes cherchent à détourner l'attention des pontifes qui ont voté les deux premières lois sur les Juifs en 1938-1939 dans la chambre haute, avec un raisonnement antisémite zélé, et ce n'était qu'en 1941 qu'ils n'ont pas soutenu la loi sur la protection de la race du type Nürnberg. Ecrire l'histoire des Eglises catholique et calviniste pendant la seconde guerre mondiale reste aussi un des devoirs de l'avenir proche. Ce serait très intéressant de savoir, par exemple, quels rapports Angelo Rotta, nonce apostolique de Budapest, un des plus efficaces diplomates ayant sauvé des Juifs, a envoyé au pape Pie XII. Conclusion et suggestions Ce résumé montre également que l'histoire de la Shoah en Hongrie est pleine de contradictions et maintes questions intéressantes attendent à être éclaircies. Récemment, comme indiqué aussi dans le compte rendu sur le travail du groupe de recherche hongrois des Archives Yad Vashem, l'attention des jeunes chercheurs, à part les années 1944-45, se porte de plus en plus sur les événements des années 1938-1944 et 1945-1948. Si l'on cherche à comprendre pourquoi la majorité des fonctionnaires hongrois (plusieurs dizaines de milliers de personnes) ont participé avec discipline, parfois en témoignant d'un zèle manifeste et d'un sens d'initiative dans la ghettoïsation, la spoliation des biens et la déportation des Juifs en 1944, il faut connaître les étapes du chemin menant jusqu'à 1944. L'analyse des effets socio-économiques des lois sur les Juifs reste une tâche importante. Il y a lieu de mener des analyses comparatives aussi dans ce domaine-là et l'on pourrait étudier en commun les activités "légales" de spoliation précédant les déportations non seulement du gouvernement Vichy mais aussi des autres gouvernements européens collaborationnistes. Bien qu'il existe des ouvrages spécialisés qui essayent de faire une analyse comparative de la carrière de certains leaders politiques importants, compte tenu tout particulièrement de leur rôle joué dans la Shoah, ce serait très instructif de traiter les biographies non seulement des tueurs nazis, mais aussi celles des leaders politiques collaborationnistes hongrois, slovaques, roumains, croates, etc. sous une forme scientifique et/ou de vulgarisation. La quantité impressionnante de nouveaux fonds d'archives dépouillés jusqu'à présent nous permettra bientôt d'écrire l'histoire de la déjudaisation de nouveaux districts de gendarmerie en 1944. La monographie de Judit Molnár était le premier et nous espérons que non pas le dernier ouvrage sur ce sujet. Aussi l'analyse comparative de la résistance et de la collaboration juive et des activités des divers Conseils Juifs aurait-elle certainement des résultats intéressants et instructifs. Le problème des représailles après la guerre, en premier lieu avec l'analyse des procès de tribunal populaire, est également un sujet passionnant. Une analyse comparative de la politique d'après-guerre des divers pays pourrait être réalisée aussi sur cette question. Bien qu'il soit difficile, sinon impossible de définir par des méthodes empiriques à quel point l'antisémitisme était fort ou faible dans les divers pays européens avant et après 1939, il conviendrait de réfléchir sur la mise en place des projets de recherches conjointes sur ce sujet. Actuellement, nous travaillons sur deux projets importants. Le premier est celui de la conférence internationale sur la Shoah à organiser le 16-18 avril 2004 à Budapest dont l'ouverture sera en même temps la cérémonie d'inauguration du complexe de la Fondation Publique du Centre de Documentation et de la Collection Commémorative sur la Shoah dans la rue Páva, Budapest. La première exposition permanente hongroise sur la Shoah sera abritée par ce bâtiment. Pouvoir connaître des musées similaires et échanger des informations avec des experts ayant une expérience dans l'organisation de telles expositions aiderait énormément notre travail. Bien que, comme nous l'avons mentionné, la littérature hongroise sur la Shoah soit relativement riche, ce serait très important de traduire certains ouvrages de base en hongrois. Nous annexons la liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français. En même temps, il serait essentiel qu'au moins les écoles primaires et secondaires et les bibliothèques aient accès aux ouvrages traduits vers le hongrois. Il y a quelques années la Fondation Soros avait un programme en Hongrie pour acheter une partie des livres publiés, par exemple un millier d'exemplaires et les offrir aux bibliothèques des écoles secondaires. Nous proposons de reprendre ce programme. Des copies de films vidéo portant sur l'antisémitisme et la Shoah faciliteraient le travail de beaucoup d'enseignants. Annex. La liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français. 1. László Karsai : Holokauszt (Budapest, Pannonika K., 2001. 426.) 2. Judit Molnár : Csendorök, hivatalnokok, zsidók. Válogatott tanulmányok a magyar holokauszt történetébol (Szeged, Szegedi zsidó hitközség K., 2000. 223.) 3. Gábor Kádár - Zoltán Vági : Aranyvonat. Fejezetek a zsidó vagyon történetébol (Budapest, Osiris K., 2001. 304.) Braham , Randolph L. (ed.): The Hungarian Jewish Catastrophe. A Selected and Annotated Bibliography (Columbia University Press, New York, 1984, pp 501; The Holocaust in Hungary. A Selected and Annotated Bibliography: 1984-2000, Columbia University Press, New York, 2001, pp 252.) Jeno Lévai : Zsidósors Magyarországon (1948); Erno Munkácsi : Hogyan történt? Adatok és okmányok a magyar zsidóság tragédiájához (1947). Miklós Nyiszli : Mengele boncoló orvosa voltam (1946.). István Bibó : Zsidókérdés Magyarországon 1944 után (1948). „Vádirat a nácizmus ellen I-III.” szerk. Ilona Benoschofsky – Elek Karsai , ,(Budapest, MIOK, 1958, 1960, 1967.) „Fegyvertelen álltak az aknamezokön…” Szerk. Elek Karsai (Budapest, MIOK, 1962. I-II.) Szabolcs Szita : Halálerod. A munkaszolgálat és a hadimunka történetéhez 1944-1945. (Budapest, Kossuth, 1989.) Jeno Lévai : Raoul Wallenberg regényes élete, hosi küzdelmei, rejtélyes eltunésének titkai (Budapest, Magyar Téka, 1948.). Tamás Stark : Zsidóság a vészkorszakban és a felszabadulás után 1939-1955 (Budapest, MTA-TTI,1995.) László Varga : A Holocaust és ami utána.... In.:The Holocaust in Hungary. Fifty Years Later .Eds.:R.L. Braham —Attila Pók . New York, Columbia UnivesrityPress, 1997.pp. 513-519. László Karsai : Cigánykérdés Magyarországon 1919-1945. Út a cigány Holocausthoz (Cserépfalvi K, Budapest, 1992.) Tamás Stark - Péter Szabó - Sándor Szakály : A magyar munkaszolgálat ( Magyar Nemzet , 1992. február 20.) Tamás Majsai : A korösmezei zsidódeportálás 1941-ben (A Ráday Gyujtemény Évkönyve IV-V. 1984-1985. 59-86.) A. Eniko Sajti : Délvidék 1941-1944. A magyar kormányok délszláv politikája (Budapest, Kossuth K., 1987.) Tibor Cseres : Hideg napok (Budapest, Magveto K., 1966.) A. Eniko Sajti , Délvidék., László Varga : „Forradalmi törvényesség”: jogszolgáltatás 1945 után Magyarországon ( Beszélo , 1999 november. N. 11. 57-73. ) Gyula Juhász : Magyarország külpolitikája 1919-1945 (Budapest, Kossuth, 1988.) István Ihász - Mária Schmidt - Tamás Stark - József Schweitzer : Az auschwitzi új magyar kiállítás forgatókönyve (Budapest, 1999, kézirat) Péter Gosztonyi et Mária Schmidt en 1993 dans plusieurs emmissions radiophoniques et télévisées ont fait l'affirmation ci-dessus just avant le ré-enterrement officiel en Hongrie de Miklós Horthy. László Karsai : Holokauszt (Budapest, Pannonika K., 2001.) Steinberg , Jonathan: All or Nothing. The Axis and the Holocaust 1941-1943.(London-New York, Routledge, 1990.) Hilberg , Raul: The Destruction of the European Jews (New York-London, Holmes and Meier, 1985. I-III.) Horthy Miklós titkos iratai (szerk. Miklós, Szinai – László, Szucs , Budapest, Kossuth K., 1962.) Miklós Horthy : Emlékiratai (Budapest, Európa-História K., 1990.), Miklós Kállay : Magyarország miniszterelnöke voltam 1942-1944 (Budapest, Európa-História, 1991.) Ilona Gyulai Edelsheim : Becsület és kötelesség (Budapest, Európa K., 2001.) László Karsai : The School Holocaust Memorial Day (in: András Gero- László Varga - Mátyás Vince eds.: Anti-Semitic Discourse in Hungary in 2001. Budapest, 2002, 201-208.) László Karsai : History, Holocaust and Politics (in.:András Gero - László Varga – Mátyás Vince eds.: Anti-Semitic Discourse in Hungary in 2000, Budapest, 2001, 147-154.) Az Endre-Baky-Jaross per (szerk. László Karsai - Judit Molnár , Budapest, Cserépfalvi K., 1994.), Imrédy Béla a vádlottak padján (szerk.: Péter Sipos , Budapest, Osiris-Budapest Fováros Levéltára, 1999.) András Kovács : Az ijeszto végkövetkeztetés ( BUKSZ , 1990. N. 1. 74-78.) László Karsai - Judit Molnár : A Sztójay-per (manuscript) Krisztina Munkácsi : Berend Béla forabbi népbírósági pere ( Századok , 130 évf. 1996. N. 6. 1525-1552. Judit Molnár : The Foundation and Activities of the Hungarian Jewish Council, March 20-July 7, 1944. ( Yad Vashem Studies , Vol. XXX., Jerusalem 2002, pp.93-123.) Judit Molnár - Gábor Kádár : Kasztner Rezso jelentése, 1946 (manuscript) István Gábor Benedek - György Vámos : Tépd le a sárga csillagot (Budapest, Pallas K., 1990.) Avihu Ronen : Harc az életért. Cionista (somér) ellenállás Budapesten 1944. (Budapest, Belvárosi K., 1998.) László Karsai : Loni vagy túlélni? ( Beszélo , 1999. július-augusztus, 104-115.) Tamás Stark : Zsidóság a vészkorszakban és a felszabadulás után 1939-1955. (Budapest, MTA-TTI, 1995, 19.) Gábor Kádár - Zoltán Vági : Zsidók és nem zsidók. Szolidaritás és embermentés a vészkorszakban ( Holocaust Füzetek , Budapest, 1998, N. 10. 9-107.) Ferenc Gáspár : A kiskunhalasi tragédia ( Századok , 130. évf. N. 6. 1473-1504. Imrédy Béla., László Karsai –Judit Molnár eds.: Küzdelem az igazságért. Tanulmányok R. L. Braham 80. születésnapjára (Budapest, MAZSIHISZ, 2002.) A magyar rendvédelem története (Foszerk. Parádi József, Budapest, 1996.) Asher Cohen : Pétain, Horthy, Antonescu and the Jews, 1942-1944: toward a comparative view ( Yad Vashem Studies , Vol. XVIII., 1987, pp. 163-198.) Judit Molnár : Zsidósors 1944-ben az V. (szegedi) csendorkerületben (Budapest, Cserépfalvi K., 1995.)

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