martes, 11 de diciembre de 2012
¿Qué son los Derechos Humanos? Sub Español
CRITICA FILOSOFICA PARA MANTENER LA VIDA SABER Y PODER PARA MANTENERNOS LIBRES COMOLA CAPACIDAD DE INDEPENDENCIA FUNDAMENTAL PARA LA VIDA
martes, 21 de agosto de 2012
sábado, 18 de agosto de 2012
lunes, 13 de agosto de 2012
jueves, 9 de agosto de 2012
Shoahen Hungría
Sur l'historiographie de la Shoah hongroise
par László KARSAI-Judit MOLNÁR
Une victime sur dix de la Shoah, à savoir environ 550.000 personnes, était d'origine juive hongroise ou déporté de Hongrie. Le 19 mars 1944, quand les troupes allemandes ont occupé la Hongrie, la majorité des Juifs hongrois étaient encore en vie. Selon les données officielles du recensement de 1941 et selon des estimations fiables, 725.000 personnes de religion juive et environ 100.000 convertis (Juifs convertis à la foi chrétienne) vivaient en Hongrie. Jusqu'au 15 mai 1944, Adolf Eichmann et son Sondereinsatzcommando d'environ 200 personnes ont organisé la stigmatisation, la spoliation et l'enfermement en ghettos de plus de demi-million de Juifs, tout cela accompagné d'un soutien discipliné, parfois expressément zélé des autorités hongroises, à la joie d'une partie non négligeable de la population et à l'indifférence de la majorité. La déportation massive des Juifs hongrois a commencé le 15 mai 1944. En moyenne de 3 à 5 trains par jour quittaient le bassin carpatique et de 8.000 à 12.000 Juifs arrivaient chaque jour à Auschwitz. Le 6 juillet, pour des raisons et des considérations qui ne sont toujours pas claires, Miklós Horthy, le Régent de la Hongrie (21 mars 1920 - 15 octobre 1944), a arrêté les déportations. Eichmann, déçu, a quitté Budapest en août et il n'y est rentré qu'après la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées (15-16 octobre 1944) pour organiser la déportation de plusieurs milliers de Juifs, en majorité à pied.
Les ouvrages spécialisés ont plus ou moins éclairci ce qui était arrivé aux Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale. Les ouvrages spécialisés et littéraires portant sur la Shoah hongroise sont extrêmement riches, la bibliographie de deux volumes de R. L. Braham comportent près de 8.000 entrées. Bien sûr, la quantité ne veut pas forcément dire qualité en ce cas-là. La bibliographie de R. L. Braham mentionne aussi de nombreux ouvrages spécialisés et littéraires médiocres, subjectifs et obsolètes. D'une manière sans exemple et en même temps exemplaire (aussi) en Europe de l'Est, des travaux de synthèse à valeur scientifique, des journaux et des mémoires précieux portant sur le sort des Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale ont déjà paru dès 1945. Ce n'était qu'une période relativement courte, de 1948 à 1956, que la Shoah hongroise faisait partie des sujets non tolérés et s'est vu refouler dans le ghetto des commémorations rituelles des communautés juives. Ilona Benoschofsky et Elek Karsai ont commencé à publier la série de documents présentant l'histoire de l'année de 1944 après l'oppression de la révolution de '56. La publication du IV e volume de cette série, présentant le sort des Juifs de Budapest pendant la période du pouvoir des Croix-Fléchées jusqu'à la libération de Pest, (15 octobre 1944 – 18 janvier 1945) est prévue pour l'année prochaine.
Pendant la seconde guerre mondiale, c'était uniquement les Juifs hongrois qui ont été requis pour le service du travail obligatoire, S.T.O. ( munkaszolgálat ) sans arme dans l'armée. Dans les autres pays où les Juifs ont été forcés à travailler, c'était sous la direction de la SS, de la police où du Ministère de l'Intérieur. L'histoire du S.T.O. a été traitée la première fois par deux volumes de documents choisis, rédigés par Elek Karsai, mais les ouvrages spécialisés sont devenus plus nombreux dans ce domaine aussi en Hongrie. Il y a néanmoins besoin d'effectuer des recherches supplémentaires dans les archives concernant ce sujet et tout particulièrement la période de 1939 à 1944.
Au début les meilleurs spécialistes ont cherché à décrire ce qui est exactement arrivé aux Juifs hongrois. Ces descriptions factographiques ont rarement posé la question de type "comment cela a pu arriver". Si jamais ils ont examiné la question de la responsabilité historique avant le changement de régime communiste (1989-1990), ils se sont généralement contentés de la dénonciation sommaire du régime Horthy. Selon ces ouvrages spécialisés, le sauveteur, la rédemptrice des Juifs hongrois et du peuple hongrois était l'Armée Rouge soviétique. La falsification voulue et grossière des faits historiques était rare, il était plus fréquent que l'on ne discutait pas certaines questions dites sensibles et l'on ne traitait pas du tout celles-ci. Une des rares exemples de falsification est celle de Jeno Lévai qui a écrit un livre biographique sur Raoul Wallenberg comportant par ailleurs de nombreux documents originaux précieux. Il a pourtant essayé de prouver à la fin de son livre que le diplomate suédois, le sauveteur de la vie de plusieurs milliers de Juifs pendant le régime des Croix-Fléchées, avait probablement été tué par ces derniers. Tout discours sur des résistants non communistes était difficilement compatible avec le mythe de l'Armée Rouge sauveteur/rédemptrice, on a donc gardé le silence sur cette question ou bien on a renforcé l'histoire de la résistance communiste antifasciste en Hongrie, par ailleurs si faible qu'elle était pratiquement insignifiante, par les actes d'héroïsme des résistants sionistes, tout en cachant le fait que les communistes hongrois n'ont jamais essayé de secourir les Juifs persécutés, même pas avec un seul tract.
Depuis 1989-1990, la Shoah hongroise est devenue un sujet de plus en plus fréquent aussi dans les débats de politique actuelle.
Les questions majeures débattues:
• Le nombre des victimes .
Tamás Stark, déjà à la fin des années 1980, en s'occupant des pertes d'hommes hongroises pendant la guerre, a essayé de prouver par un raisonnement peu convaincant que le chiffre d'environ 550-600.000 victimes juives hongroises était fortement exagéré. Pour commencer, en 1989, Stark a encore avancé un chiffre de moins de 310.000 de morts juifs hongrois mais récemment il est arrivé à un nombre de victimes d'environ 500.000. Ses premières estimations ont été ouvertement critiquées à la conférence internationale d'historiens organisée à Budapest en 1994.
Il convient de mentionner ici que László Karsai a suscité une grande tempête parmi les intellectuels et surtout les intellectuels tziganes quand dans sa monographie sur la Shoah tzigane il a réfuté le chiffre de 30-70.000 victimes, jusque-là généralement accepté par l'opinion publique, et a avancé un chiffre d'environ 5.000-10.000 tziganes persécutés et quelques milliers de morts.
• La question de la responsabilité
Le régime Horthy est entré dans la guerre contre l'Union Soviétique le 26 juin 1941 du côté des nazis. Trois cent mille soldats et plusieurs milliers de civils ont péri pendant la seconde guerre mondiale, le territoire du pays étant devenu une zone d'opérations militaires du début de l'automne 1944 jusqu'au printemps 1945. Vers 1990, certaines personnes ont essayé de justifier le rôle du régime Horthy pendant la seconde guerre mondiale en écrivant des articles sur une prétendue menace soviétique et d'une guerre anticommuniste juste (d'une croisade). Un des "sous-produits" de cette approche était de présenter les soldats menés à l'abattoir sur le front de l'Est comme des héros défendant la partie, tombés au champ d'honneur, et de commémorer les morts parmi les requis (juifs) pour le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) militaire tout simplement comme des " martyrs ".
Après le changement de régime, la position présentant la Hongrie comme un vrai asile, un "île" pour les Juifs hongrois vivant ici et les Juifs slovaques, autrichiens, polonais, etc. réfugiés ici jusqu'à 1944, l'occupation allemande, s'est renforcée et, non sans un soutien gouvernemental appréciable, s'est généralisée. Les adeptes de cette approche apologétique, apparue en premier lieu dans les pamphlets, étaient très réticents à mentionner le fait qu'entre 1938 et 1942 une série de lois sur les Juifs a exclu aussi les Juifs hongrois de l'égalité de droit des citoyens. Milliers des Juifs ont perdu leurs emplois, leurs entreprises, tous leurs biens, environ 1 million d'arpents cadastraux ont été "aryanisés". Ceux défendant Horthy et ses gouvernements au pouvoir pendant la seconde guerre mondiale rechignent encore plus à parler des antécédents du massacre de Kamenyec-Podolszkij (27-28 août 1941, environ 23.000 morts) que des lois sur les Juifs. En effet, en juillet-août 1941 les autorités militaires et de l'intérieur hongroises, même sans avoir consulté les nazis, se sont mises à la "déjudaisation" et ils ont raflé les Juifs apatrides ou d'une nationalité douteuse par centaines et les ont repoussés à la frontière. Ils avaient déporté en tout environ 16-18.000 Juifs et contrairement à ce qu'on pouvait lire pendant longtemps même dans les ouvrages spécialisés généralement acceptés, l'action n'a pas été arrêtée par le ministre de l'intérieur, Ferenc Keresztes-Fischer et même pas suite aux protestations. Au fait, c'étaient les nazis qui ont forcé les autorités hongroises à mettre fin à des déportations.
Cette image de la Hongrie comme l'île d'asile idyllique des Juifs était ternie d'une manière embarrassante aussi par le souvenir des "jours froids" d'Újvidék en janvier 1942, au cours desquels, sous le prétexte d'une raffle organisée pour le dépistage des partisans, près de 3000 personnes, parmi eux presque 1000 Juifs ont été massacrées par des soldats et gendarmes hongrois. Il importe de mentionner toutefois que les officiers de l'armée responsables du massacre ont été traduits devant le tribunal militaire et condamnés, d'une manière sans exemple dans les pays européens alliés aux nazis. Il est pourtant aussi vrais que les prévenus en liberté ont fui en Allemagne pour éviter l'exécution du jugement et ne sont revenus qu'avec les occupants nazis.
Comme il était difficile, voire impossible de nier ces faits, les apologistes du système Horthy ont essayé de blanchir au moins le Régent. Ils essayent d'expliquer l'entrée dans la guerre par les contraintes géopolitiques et d'une prétendue provocation soviétique. Les ouvrages spécialisés généralement reconnus ont éclairci déjà dans les années 1970 qu'au début les nazis ne prévoyaient pas la participation de la Hongrie dans la guerre contre l'Union Soviétique.
Les apologistes de Horthy, depuis 1990, ont essayé de modifier le rôle du "pays satellite réticent", inventé plus tôt par le historien communiste György Ránki, en mettant l'emphase de plus en plus sur "réticent". Certains essayent d'expliquer l'adoption de la première loi sur les Juifs en 1938 par l'Anschluss et les lois suivantes sur les Juifs par une pression allemande directe. En réalité, en 1938 et 1939, les Allemands n'exerçaient encore aucune pression pour radicaliser la politique hongroise concernant les Juifs. Une telle pression ne peut être démontrée qu'à partir de 1940. Les raisons principales de notre entrée dans la guerre contre l'Union soviétique consistaient en l'anticommunisme aveugle d'une partie considérable de l'élite politique du pays, leur avidité pour le butin et la mauvaise appréciation des rapports de forces.
Les défenseurs de Horthy mettent l'emphase sur le fait que malgré les lois sur les Juifs, la Hongrie montrait une résistance héroïque quand les nazis ont d'abord demandé, ensuite exigé la déportation des Juifs hongrois. Les adeptes de la théorie d'une "Hongrie-île" protégeant les Juifs créent de Horthy un réel sauveteur des Juifs. Ils disent qu'il a reçu les Procès-verbaux dits d'Auschwitz seulement le 2 juillet 1944, et a immédiatement arrêté les déportations en déployant même son armée pour protéger les Juifs de Budapest. En réalité, Horthy et Miklós Kállay, le premier ministre, ont été informés de plusieurs sources, entre autres par Döme Sztójay même, ambassadeur hongrois à Berlin, ce que „ Endlösung der Judenfrage ” voulait réellement dire. Ce n'était pas pour des considérations philosémites ou humanitaires générales que Horthy et Kállay n'ont pas autorisé la déportation des Juifs. Ce qui comptait à Budapest, c'était que Mussolini n'a pas livré ses "propres" Juifs et que ses officiers défendaient les Juifs sur les territoires occupés par les Italiens, d'Athènes à Nice. Les diplomates hongrois ont annoncé dans leurs rapports également que les nazis faisaient face à de plus en plus grandes difficultés déjà l'automne 1942 en Roumanie, dans la France de Pétain et même dans le petit Etat fantoche de Slovaquie quand ils voulaient continuer les déportations. La direction hongroise croayait que la déportation des Juifs hongrois mènerait à des troubles socio-économiques. Les dirigeants croyaient également qu'en ne permettant pas la déportation des Juifs ils pouvaient augmenter leur crédit politique à Londres, à Washington et à Moscou.
Après 1990, les mémoires des dirigeants de l'ère Horthy ont été publiés l'un après l'autre aussi en Hongrie. Les mémoires de la belle-fille de Horthy étaient pendant longtemps en tête des listes de ventes. Les pamphlétaires et les personnages publics niant et mettant en cause tous les résultats de l'historiographie précédant 1990 se réfèrent à ces mémoires comme à des sources historiques irréfutables. Le leader de l'extrême-droite hongroise, István Csurka, qui par ailleurs imite Le Pen et le prend pour modèle, ne nie pas les faits de la Shoah hongroise dans son oeuvre volumineuse de pamphlétaire. Voilà ce qu'il dit, à sa manière singulière: "L'antisémitisme des nazis a conduit, d'une manière déplorable, aux chambres à gaz" Csurka n'affirme pas plus que l'on parle trop des souffrances des Juifs hongrois afin de perpétuer le sentiment de culpabilité des Hongrois. Or si ce sentiment de culpabilité n'existait pas, les jeunes hongrois pouvaient se mettre sans problème à la récupération des territoires détachés de la Hongrie à Trianon en 1920..
Csurka reconnaît les faits de la Shoah hongroise, par exemple, les plus de demi-million de victimes aussi pour qu'il puisse affirmer avec encore plus de force que les Juifs ont introduit le communisme aussi en Hongrie par vengeance, à cause de la Shoah. Pourtant le peuple hongrois est innocent parce que ce n'est que les occupants allemands et leurs complices, les Croix-Fléchées qui sont responsables de la Shoah – dit aussi Csurka. La nouvelle/ancienne droite garde le silence profond sur le fait que Miklós Horthy, après une hésitation courte, est resté à sa place après le 19 mars 1944 et que les allemands n'ont pas mis au pouvoir les Croix-Fléchées et leur leader, Ferenc Szálasi, mais c'est Döme Sztójay qui est devenu le nouveau premier ministre. Non seulement la signature de Horthy brille sur l'acte de nomination du nouveau gouvernement hongrois, un "vrai" gouvernement à la Quisling, mais en plus il a nommé László Endre et László Baky, généralement connus comme des antisémites sauvages, qui détenaient la distinction accordée aux serviteurs de l'État sous le régime Horthy, secrétaires d'état du Ministère de l'Intérieur, des postes clés.
Comment Horthy et l'élite politique qui lui était fidèle aurait pu éviter l'occupation allemande de la Hongrie est un problème ardu. István Deák, professeur américain, mentionne dans sa critique sur le livre de R. L. Braham que si les Hongrois avaient collaboré avec les Allemands avec plus d'enthousiasme et avaient changé de camp au bon moment, après des préparations adéquates, comme les Roumains, les Juifs hongrois auraient pu survivre à la guerre comme leurs coreligionnaires roumains. Les personnes mises en examen dans le procès Sztójay, par contre, ont affirmé qu'à part les tentatives maladroites de Horthy pour obtenir une paix à part, sa politique de protection excessive des Juifs a également contribué à la détérioration fatale des relations allemandes-hongroises. Après 1945, l'on considérait pendant un bon moment que Horthy aurait dû se préparer à l'occupation, voire il aurait dû résister. Même les critiques les plus sévères de Horthy reconnaissent que la Wehrmacht aurait rapidement brisé la résistance mais l'on peut se demander à quel point le fait d'une occupation évidente et brutale aurait été pris en compte après la seconde guerre mondiale, par exemple pendant les négociations de paix de Paris. Il n'est pas du tout sûr que résister aux Allemands aurait demandé plus de sacrifice en hommes que de lutter de leur côté contre l'Armée Rouge et de déporter les Juifs en collaboration avec la SS. Mais il n'est pas sûr non plus que l'état-major, en majorité pro-allemand, aurait été prêt à lutter contre la Wehrmacht en mars 1944 si Horthy le leur avait ordonné. Il est aussi douteux combien de fonctionnaires, par exemple, auraient suivi Horthy si le régent avait abdiqué le 19 mars 1944 et avait essayé de les appeler à la résistance.
Selon les apologistes de Horthy, après le 19 mars 1944 il était impuissant, un prisonnier des occupants. Cette affirmation est difficilement compatible avec le fait que plus tard Horthy est quand même célébré en tant que sauveteur des Juifs (de Budapest). En effet, le 6 juillet 1944, comme mentionné plus haut, il a arrêté les déportations. Tout ceci après la déportation de 437.000 Juifs, dont la majorité à Auschwitz. Nous ne connaissons pas les motifs exacts de Horthy. En dehors de la situation militaire, ne cessant pas de se détériorer, Horthy a aussi été influencé par les protestataires étrangers et hongrois et il avait peur que – une fois les Juifs déportés de Budapest (il s'agissait d'environ 250.000 personnes qui attendaient leur destin non pas dans le ghetto mais dans des maisons à l'étoile jaune aux divers endroits de la capitale) – la force de l'air anglo-saxonne aille lancer un bombardement intense contre Budapest. Horthy croyait que l'objectif du secrétaire d'état Baky n'était pas de déporter les Juifs de Budapest, mais d'organiser un coup d'Etat contre lui. Horthy a certainement fait diriger le régiment blindé d'Esztergom à Budapest en raison de protéger son propre pouvoir et non pas les Juifs.
Certains essayent de présenter le fait que Horthy a tenté de changer de camp après avoir dissolu le gouvernement Sztójay le 29 août 1944, comme si c'était son immense mérite. Le corps d'officiers, en majorité pro-allemand, toutefois, n'a pas suivi son Régent le 15 octobre 1944 et les nazis ont placé Szálasi et sa racaille de Croix-Fléchées au pouvoir.
• Les Conseils des Juifs, les résistants sionistes
Lévai, Munkácsi et autres ont souligné la question de la responsabilité des dirigeants du Conseil Central des Juifs, en soulignant par exemple que bien que ces derniers sussent ce que les nazis et leurs complices faisaient avec les Juifs partout en Europe, ils ne les ont pas appelés à la résistance, ni ont pas encouragé leurs coreligionnaires à se sauver. Les responsables du Conseil des Juifs (Samu Stern, Károly Wilhelm, Erno Peto, Béla Berend) mais aussi plusieurs résistants sionistes (Rezso Kasztner, Ottó Komoly) sont donc devenus traîtres de leur peuple, des collaborationnistes lâches ne se souciant que de leur propre vie, comme on le pensait aussi en Israël à l'époque. R. L. Braham, suivant Jeno Lévai aussi dans ce domaine-là, ne pose même pas la question de savoir comment, de quelle manière les responsables du Conseil auraient pu informer les masses juives s'ils avaient souhaité le faire. Ils n'examinent pas non plus la question de savoir, comment, où et combien de personnes auraient pu se sauver si les Juifs hongrois étaient informés de la réalité d'Auschwitz.
Suite aux nouvelles recherches, nous voyons de plus en plus clairement que ce n'étaient pas les informations concernant la Shoah qui faisaient défaut mais la majorité des Juifs tout simplement ne voulait pas, ne pouvait pas y croire. Krisztina Munkácsi a prouvé que le procès de tribunal populaire de Béla Berend, ancien grand rabbin de Szigetvár, ayant parcouru une des carrières les plus controversées parmi les membres du Conseil Central des Juifs, a été pour la plupart fondé sur des accusations forgées des toutes pièces. Judit Molnár a publié de nouvelles données remarquables sur l'organisation du Conseil Central des Juifs. Actuellement, elle travaille avec Gábor Kádár sur la publication hongroise du "Rapport" écrit par Rezso Kasztner après 1945. On peut espérer que cette publication contribuera à ramener le débat sur Kasztner et sur la question de savoir s'il était un "héros" ou un "traître" sur une base de recherches historiques.
Depuis 1990, plusieurs ouvrages ont été publiés sur les activités des résistants sionistes . Les anciens résistants, en majorité vivant aujourd'hui en Israël et à juste titre fiers des leurs actes injustement oubliés ou sciemment passés sous le silence, ainsi que l'historien mandaté par eux, ont réagi avec une colère offensée quand certains historiens ont mis en cause certaines de leurs exagérations. Toute une série de documents prouve par exemple qu'un Schutzpass ou un Schutzbriefe ne signifiaient pas forcément le salut de son porteur en automne 1944, pendant le régime des Croix-Fléchées. La valeur des sauf-conduits, forgés dans une grande nombre, s'est diluée, en mettant en danger aussi les porteurs des sauf-conduits vrais. Les prisonniers du ghetto de Pest ont été alimentés non seulement par les sionistes, mais aussi par exemple par l'office compétent de la capitale et l'on pourrait mentionner encore de nombreuses questions controversées. Les experts sont néanmoins d'accord avec les résistants encore vivants sur le fait qu'ils étaient bel et bien des résistants même si ce n'était pas avec des armes de feu qu'ils luttaient contre les nazis et leurs complices, les croix-fléchées.
• Le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat )
Les survivants de la Shoah, en désaccord avec l'extrême droite, ont des difficultés à accepter que le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) ne soit pas considéré de la même manière qu'Auschwitz-Birkenau. A leurs avis, il ne s'agit que des méthodes différentes de l'extermination systématique des Juifs. C'est ainsi que le camp de Bor et d'autres camps du travail forcé deviennent des camps d'extermination et la seule appellation acceptée par certains pour les compagnies de S.T.O. est le "gibet en mouvement". C'est un des paradoxes de l'histoire du S.T.O. hongrois que même si avant 1944 c'était un des plus efficaces instruments de la destruction des Juifs, après l'occupation allemande, au printemps 1944, le Ministère de la Défense a "protégé" les Juifs de la déportation.
Récemment, certains spécialistes de l'histoire militaire ont révisé le chiffre d'environ 40.000 victimes requis, chiffre généralement accepté par les ouvrages spécialisés et les pamphlétaires, et affirment que "seulement" environ 25.000 Juifs sont morts sur le front de l'Est, dont la majorité, en plus, non pas à la suite des actes militaires mais dans les camps soviétiques. Les "analyses" comparant les pertes de soldats sur la première ligne aussi avec la perte de requis dans l'arrière pays laissent penser explicitement ou implicitement que les circonstances des requis Juifs étaient au fait meilleures que celles des simples soldats. Les ouvrages spécialisés récents essayent de dessiner une image nuancée du S.T.O., des gardes et des officiers entre autres en utilisant les procès-verbaux des témoignages des requis ayant survécu au S.T.O., enregistrés encore en 1945.
Les procès de tribunal populaire après-guerre des miliciens et des officiers ayant brutalisé les requis constituent une source importante. Leur traitement thématique et analytique sera une des tâches de l'avenir proche. Ferenc Gáspár a frayé le chemin dans ce domaine par l'analyse détaillée d'un procès suivant la guerre portant sur le S.T.O. Son analyse porte sur les documents de tribunal populaire des prétendus responsables du carnage ayant eu lieu en octobre 1944 à la gare de Kiskunhalas. Le travail de Gáspár démontre que quelques anciens requis se sont associés pour tenter de se venger de la mort de leurs pairs sur les soldats et quelques officiers hongrois accompagnant les requis puisqu'on ne pouvait pas intercepter les officiers et les soldats responsables de la tuerie. L'accès aux procès de tribunal populaire, en premier lieu des procès des plus grands criminels de guerre hongrois avance bien depuis les dernières années. Les ouvrages spécialisés ont déjà prouvé d'une manière convaincante que l'affirmation selon laquelle presque tous les responsables aient échappé à la justice en Hongrie n'était pas vraie. Comme il est aussi exagéré de dire que les Juifs assoiffés de vengeance aient massacré par milliers ceux dont ils pensaient d'avoir été d'une manière ou d'une autre responsables de la Shoah. Moins de 200 personnes ont été exécutées pendant les trois années suivant la guerre en vertu du jugement du tribunal populaire pour des crimes de guerre et/ou crimes contre le peuple.
• Sauvetage d'hommes, collaboration
Le Département de Justes parmi les nations Yad Vashem a décerné jusqu'à présent le titre de "Juste parmi les nations", conférant un grand honneur à son porteur, à environ 500 Hongrois ou étrangers ayant sauvé des Juifs en Hongrie (parmi ces derniers Raoul Wallenberg est le plus connu mais ses pairs pleins de mérite ont aussi reçu la distinction, entre autres Carl Lutz, Angelo Rotta, Friedrich Born). Il est certain qu'il y avait plus de personnes hongroises ayant sauvé des Juifs. Rien qu'en étudiant les procès de tribunal populaire de 1945-1946 nous avons trouvé plus de cent cinquante hommes et femmes qui mériteraient cette distinction. Parler des Hongrois ayant sauvé des Juifs a toutefois ses dangers parce, que bon gré mal gré, l'attention se focalise sur eux, les très peu de personnes courageuses et dévouées, et l'on s'occupe moins qu'on ne le devrait des masses silencieuses, indifférentes ou souvent activement antisémites. Parfois on oublie qu'en Hongrie jusqu'à la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées, c'est-à-dire jusqu'au 15 octobre 1944, ceux qui sauvaient des Juifs ne mettaient en danger que leur emploi ou leur liberté personnelle et tout ceci n'impliquait pas encore un danger de mort pendant le gouvernement Sztójay.
Aussi certaines forces politiques ont-elles tenté de réhabiliter la gendarmerie (d'un effectif d'environ 20.000 en 1944) dont les membres avaient participé à la déportation des Juifs de province d'une manière disciplinée presque sans exception et beaucoup parmi eux avec un enthousiasme manifeste. Certains élus parlementaires du Parti indépendant des petits propriétaires, parti de droite, en profitant du désir des grandes masses urbaines et villageoises pour l'ordre, ont commencé à évoquer d'une manière nostalgique la gendarmerie en disant qu'autrefois, quand elle était responsable du maintien de l'ordre dans les villages, il y avait de l'ordre, de la paix et une sécurité des biens. Il y en a beaucoup qui affirment que les gendarmes ne participaient aux déportations en 1944 que sur ordre, suite aux instructions de leurs supérieurs, tout comme les fonctionnaires et les cheminots. En ce qui concerne les déportations, ils se sont efforcés de les exécuter d'une manière polie, humaine, et il n'y avait pratiquement pas de cruautés.
En mettant au premier plan les hauts dignitaires ecclésiastiques ayant résisté et sauvé des Juifs en 1944, certaines personnes cherchent à détourner l'attention des pontifes qui ont voté les deux premières lois sur les Juifs en 1938-1939 dans la chambre haute, avec un raisonnement antisémite zélé, et ce n'était qu'en 1941 qu'ils n'ont pas soutenu la loi sur la protection de la race du type Nürnberg. Ecrire l'histoire des Eglises catholique et calviniste pendant la seconde guerre mondiale reste aussi un des devoirs de l'avenir proche. Ce serait très intéressant de savoir, par exemple, quels rapports Angelo Rotta, nonce apostolique de Budapest, un des plus efficaces diplomates ayant sauvé des Juifs, a envoyé au pape Pie XII.
Conclusion et suggestions
Ce résumé montre également que l'histoire de la Shoah en Hongrie est pleine de contradictions et maintes questions intéressantes attendent à être éclaircies. Récemment, comme indiqué aussi dans le compte rendu sur le travail du groupe de recherche hongrois des Archives Yad Vashem, l'attention des jeunes chercheurs, à part les années 1944-45, se porte de plus en plus sur les événements des années 1938-1944 et 1945-1948. Si l'on cherche à comprendre pourquoi la majorité des fonctionnaires hongrois (plusieurs dizaines de milliers de personnes) ont participé avec discipline, parfois en témoignant d'un zèle manifeste et d'un sens d'initiative dans la ghettoïsation, la spoliation des biens et la déportation des Juifs en 1944, il faut connaître les étapes du chemin menant jusqu'à 1944. L'analyse des effets socio-économiques des lois sur les Juifs reste une tâche importante. Il y a lieu de mener des analyses comparatives aussi dans ce domaine-là et l'on pourrait étudier en commun les activités "légales" de spoliation précédant les déportations non seulement du gouvernement Vichy mais aussi des autres gouvernements européens collaborationnistes.
Bien qu'il existe des ouvrages spécialisés qui essayent de faire une analyse comparative de la carrière de certains leaders politiques importants, compte tenu tout particulièrement de leur rôle joué dans la Shoah, ce serait très instructif de traiter les biographies non seulement des tueurs nazis, mais aussi celles des leaders politiques collaborationnistes hongrois, slovaques, roumains, croates, etc. sous une forme scientifique et/ou de vulgarisation.
La quantité impressionnante de nouveaux fonds d'archives dépouillés jusqu'à présent nous permettra bientôt d'écrire l'histoire de la déjudaisation de nouveaux districts de gendarmerie en 1944. La monographie de Judit Molnár était le premier et nous espérons que non pas le dernier ouvrage sur ce sujet.
Aussi l'analyse comparative de la résistance et de la collaboration juive et des activités des divers Conseils Juifs aurait-elle certainement des résultats intéressants et instructifs.
Le problème des représailles après la guerre, en premier lieu avec l'analyse des procès de tribunal populaire, est également un sujet passionnant. Une analyse comparative de la politique d'après-guerre des divers pays pourrait être réalisée aussi sur cette question.
Bien qu'il soit difficile, sinon impossible de définir par des méthodes empiriques à quel point l'antisémitisme était fort ou faible dans les divers pays européens avant et après 1939, il conviendrait de réfléchir sur la mise en place des projets de recherches conjointes sur ce sujet.
Actuellement, nous travaillons sur deux projets importants. Le premier est celui de la conférence internationale sur la Shoah à organiser le 16-18 avril 2004 à Budapest dont l'ouverture sera en même temps la cérémonie d'inauguration du complexe de la Fondation Publique du Centre de Documentation et de la Collection Commémorative sur la Shoah dans la rue Páva, Budapest. La première exposition permanente hongroise sur la Shoah sera abritée par ce bâtiment. Pouvoir connaître des musées similaires et échanger des informations avec des experts ayant une expérience dans l'organisation de telles expositions aiderait énormément notre travail.
Bien que, comme nous l'avons mentionné, la littérature hongroise sur la Shoah soit relativement riche, ce serait très important de traduire certains ouvrages de base en hongrois. Nous annexons la liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français. En même temps, il serait essentiel qu'au moins les écoles primaires et secondaires et les bibliothèques aient accès aux ouvrages traduits vers le hongrois. Il y a quelques années la Fondation Soros avait un programme en Hongrie pour acheter une partie des livres publiés, par exemple un millier d'exemplaires et les offrir aux bibliothèques des écoles secondaires. Nous proposons de reprendre ce programme.
Des copies de films vidéo portant sur l'antisémitisme et la Shoah faciliteraient le travail de beaucoup d'enseignants.
Annex.
La liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français.
1. László Karsai : Holokauszt (Budapest, Pannonika K., 2001. 426.)
2. Judit Molnár : Csendorök, hivatalnokok, zsidók. Válogatott tanulmányok a magyar holokauszt történetébol (Szeged, Szegedi zsidó hitközség K., 2000. 223.)
3. Gábor Kádár - Zoltán Vági : Aranyvonat. Fejezetek a zsidó vagyon történetébol (Budapest, Osiris K., 2001. 304.)
Braham , Randolph L. (ed.): The Hungarian Jewish Catastrophe. A Selected and Annotated Bibliography (Columbia University Press, New York, 1984, pp 501; The Holocaust in Hungary. A Selected and Annotated Bibliography: 1984-2000, Columbia University Press, New York, 2001, pp 252.)
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Hungría y la Shoah
SOURCE: http://primus.arts.u-szeged.hu/legegyt/oktatok/Karsai_Laszlo/HongriehistShoah.htm
Sur l'historiographie de la Shoah hongroise
par László KARSAI-Judit MOLNÁR
Une victime sur dix de la Shoah, à savoir environ 550.000 personnes, était d'origine juive hongroise ou déporté de Hongrie. Le 19 mars 1944, quand les troupes allemandes ont occupé la Hongrie, la majorité des Juifs hongrois étaient encore en vie. Selon les données officielles du recensement de 1941 et selon des estimations fiables, 725.000 personnes de religion juive et environ 100.000 convertis (Juifs convertis à la foi chrétienne) vivaient en Hongrie. Jusqu'au 15 mai 1944, Adolf Eichmann et son Sondereinsatzcommando d'environ 200 personnes ont organisé la stigmatisation, la spoliation et l'enfermement en ghettos de plus de demi-million de Juifs, tout cela accompagné d'un soutien discipliné, parfois expressément zélé des autorités hongroises, à la joie d'une partie non négligeable de la population et à l'indifférence de la majorité. La déportation massive des Juifs hongrois a commencé le 15 mai 1944. En moyenne de 3 à 5 trains par jour quittaient le bassin carpatique et de 8.000 à 12.000 Juifs arrivaient chaque jour à Auschwitz. Le 6 juillet, pour des raisons et des considérations qui ne sont toujours pas claires, Miklós Horthy, le Régent de la Hongrie (21 mars 1920 - 15 octobre 1944), a arrêté les déportations. Eichmann, déçu, a quitté Budapest en août et il n'y est rentré qu'après la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées (15-16 octobre 1944) pour organiser la déportation de plusieurs milliers de Juifs, en majorité à pied.
Les ouvrages spécialisés ont plus ou moins éclairci ce qui était arrivé aux Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale. Les ouvrages spécialisés et littéraires portant sur la Shoah hongroise sont extrêmement riches, la bibliographie de deux volumes de R. L. Braham comportent près de 8.000 entrées. Bien sûr, la quantité ne veut pas forcément dire qualité en ce cas-là. La bibliographie de R. L. Braham mentionne aussi de nombreux ouvrages spécialisés et littéraires médiocres, subjectifs et obsolètes. D'une manière sans exemple et en même temps exemplaire (aussi) en Europe de l'Est, des travaux de synthèse à valeur scientifique, des journaux et des mémoires précieux portant sur le sort des Juifs hongrois pendant la seconde guerre mondiale ont déjà paru dès 1945. Ce n'était qu'une période relativement courte, de 1948 à 1956, que la Shoah hongroise faisait partie des sujets non tolérés et s'est vu refouler dans le ghetto des commémorations rituelles des communautés juives. Ilona Benoschofsky et Elek Karsai ont commencé à publier la série de documents présentant l'histoire de l'année de 1944 après l'oppression de la révolution de '56. La publication du IV e volume de cette série, présentant le sort des Juifs de Budapest pendant la période du pouvoir des Croix-Fléchées jusqu'à la libération de Pest, (15 octobre 1944 – 18 janvier 1945) est prévue pour l'année prochaine.
Pendant la seconde guerre mondiale, c'était uniquement les Juifs hongrois qui ont été requis pour le service du travail obligatoire, S.T.O. ( munkaszolgálat ) sans arme dans l'armée. Dans les autres pays où les Juifs ont été forcés à travailler, c'était sous la direction de la SS, de la police où du Ministère de l'Intérieur. L'histoire du S.T.O. a été traitée la première fois par deux volumes de documents choisis, rédigés par Elek Karsai, mais les ouvrages spécialisés sont devenus plus nombreux dans ce domaine aussi en Hongrie. Il y a néanmoins besoin d'effectuer des recherches supplémentaires dans les archives concernant ce sujet et tout particulièrement la période de 1939 à 1944.
Au début les meilleurs spécialistes ont cherché à décrire ce qui est exactement arrivé aux Juifs hongrois. Ces descriptions factographiques ont rarement posé la question de type "comment cela a pu arriver". Si jamais ils ont examiné la question de la responsabilité historique avant le changement de régime communiste (1989-1990), ils se sont généralement contentés de la dénonciation sommaire du régime Horthy. Selon ces ouvrages spécialisés, le sauveteur, la rédemptrice des Juifs hongrois et du peuple hongrois était l'Armée Rouge soviétique. La falsification voulue et grossière des faits historiques était rare, il était plus fréquent que l'on ne discutait pas certaines questions dites sensibles et l'on ne traitait pas du tout celles-ci. Une des rares exemples de falsification est celle de Jeno Lévai qui a écrit un livre biographique sur Raoul Wallenberg comportant par ailleurs de nombreux documents originaux précieux. Il a pourtant essayé de prouver à la fin de son livre que le diplomate suédois, le sauveteur de la vie de plusieurs milliers de Juifs pendant le régime des Croix-Fléchées, avait probablement été tué par ces derniers. Tout discours sur des résistants non communistes était difficilement compatible avec le mythe de l'Armée Rouge sauveteur/rédemptrice, on a donc gardé le silence sur cette question ou bien on a renforcé l'histoire de la résistance communiste antifasciste en Hongrie, par ailleurs si faible qu'elle était pratiquement insignifiante, par les actes d'héroïsme des résistants sionistes, tout en cachant le fait que les communistes hongrois n'ont jamais essayé de secourir les Juifs persécutés, même pas avec un seul tract.
Depuis 1989-1990, la Shoah hongroise est devenue un sujet de plus en plus fréquent aussi dans les débats de politique actuelle.
Les questions majeures débattues:
• Le nombre des victimes .
Tamás Stark, déjà à la fin des années 1980, en s'occupant des pertes d'hommes hongroises pendant la guerre, a essayé de prouver par un raisonnement peu convaincant que le chiffre d'environ 550-600.000 victimes juives hongroises était fortement exagéré. Pour commencer, en 1989, Stark a encore avancé un chiffre de moins de 310.000 de morts juifs hongrois mais récemment il est arrivé à un nombre de victimes d'environ 500.000. Ses premières estimations ont été ouvertement critiquées à la conférence internationale d'historiens organisée à Budapest en 1994.
Il convient de mentionner ici que László Karsai a suscité une grande tempête parmi les intellectuels et surtout les intellectuels tziganes quand dans sa monographie sur la Shoah tzigane il a réfuté le chiffre de 30-70.000 victimes, jusque-là généralement accepté par l'opinion publique, et a avancé un chiffre d'environ 5.000-10.000 tziganes persécutés et quelques milliers de morts.
• La question de la responsabilité
Le régime Horthy est entré dans la guerre contre l'Union Soviétique le 26 juin 1941 du côté des nazis. Trois cent mille soldats et plusieurs milliers de civils ont péri pendant la seconde guerre mondiale, le territoire du pays étant devenu une zone d'opérations militaires du début de l'automne 1944 jusqu'au printemps 1945. Vers 1990, certaines personnes ont essayé de justifier le rôle du régime Horthy pendant la seconde guerre mondiale en écrivant des articles sur une prétendue menace soviétique et d'une guerre anticommuniste juste (d'une croisade). Un des "sous-produits" de cette approche était de présenter les soldats menés à l'abattoir sur le front de l'Est comme des héros défendant la partie, tombés au champ d'honneur, et de commémorer les morts parmi les requis (juifs) pour le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) militaire tout simplement comme des " martyrs ".
Après le changement de régime, la position présentant la Hongrie comme un vrai asile, un "île" pour les Juifs hongrois vivant ici et les Juifs slovaques, autrichiens, polonais, etc. réfugiés ici jusqu'à 1944, l'occupation allemande, s'est renforcée et, non sans un soutien gouvernemental appréciable, s'est généralisée. Les adeptes de cette approche apologétique, apparue en premier lieu dans les pamphlets, étaient très réticents à mentionner le fait qu'entre 1938 et 1942 une série de lois sur les Juifs a exclu aussi les Juifs hongrois de l'égalité de droit des citoyens. Milliers des Juifs ont perdu leurs emplois, leurs entreprises, tous leurs biens, environ 1 million d'arpents cadastraux ont été "aryanisés". Ceux défendant Horthy et ses gouvernements au pouvoir pendant la seconde guerre mondiale rechignent encore plus à parler des antécédents du massacre de Kamenyec-Podolszkij (27-28 août 1941, environ 23.000 morts) que des lois sur les Juifs. En effet, en juillet-août 1941 les autorités militaires et de l'intérieur hongroises, même sans avoir consulté les nazis, se sont mises à la "déjudaisation" et ils ont raflé les Juifs apatrides ou d'une nationalité douteuse par centaines et les ont repoussés à la frontière. Ils avaient déporté en tout environ 16-18.000 Juifs et contrairement à ce qu'on pouvait lire pendant longtemps même dans les ouvrages spécialisés généralement acceptés, l'action n'a pas été arrêtée par le ministre de l'intérieur, Ferenc Keresztes-Fischer et même pas suite aux protestations. Au fait, c'étaient les nazis qui ont forcé les autorités hongroises à mettre fin à des déportations.
Cette image de la Hongrie comme l'île d'asile idyllique des Juifs était ternie d'une manière embarrassante aussi par le souvenir des "jours froids" d'Újvidék en janvier 1942, au cours desquels, sous le prétexte d'une raffle organisée pour le dépistage des partisans, près de 3000 personnes, parmi eux presque 1000 Juifs ont été massacrées par des soldats et gendarmes hongrois. Il importe de mentionner toutefois que les officiers de l'armée responsables du massacre ont été traduits devant le tribunal militaire et condamnés, d'une manière sans exemple dans les pays européens alliés aux nazis. Il est pourtant aussi vrais que les prévenus en liberté ont fui en Allemagne pour éviter l'exécution du jugement et ne sont revenus qu'avec les occupants nazis.
Comme il était difficile, voire impossible de nier ces faits, les apologistes du système Horthy ont essayé de blanchir au moins le Régent. Ils essayent d'expliquer l'entrée dans la guerre par les contraintes géopolitiques et d'une prétendue provocation soviétique. Les ouvrages spécialisés généralement reconnus ont éclairci déjà dans les années 1970 qu'au début les nazis ne prévoyaient pas la participation de la Hongrie dans la guerre contre l'Union Soviétique.
Les apologistes de Horthy, depuis 1990, ont essayé de modifier le rôle du "pays satellite réticent", inventé plus tôt par le historien communiste György Ránki, en mettant l'emphase de plus en plus sur "réticent". Certains essayent d'expliquer l'adoption de la première loi sur les Juifs en 1938 par l'Anschluss et les lois suivantes sur les Juifs par une pression allemande directe. En réalité, en 1938 et 1939, les Allemands n'exerçaient encore aucune pression pour radicaliser la politique hongroise concernant les Juifs. Une telle pression ne peut être démontrée qu'à partir de 1940. Les raisons principales de notre entrée dans la guerre contre l'Union soviétique consistaient en l'anticommunisme aveugle d'une partie considérable de l'élite politique du pays, leur avidité pour le butin et la mauvaise appréciation des rapports de forces.
Les défenseurs de Horthy mettent l'emphase sur le fait que malgré les lois sur les Juifs, la Hongrie montrait une résistance héroïque quand les nazis ont d'abord demandé, ensuite exigé la déportation des Juifs hongrois. Les adeptes de la théorie d'une "Hongrie-île" protégeant les Juifs créent de Horthy un réel sauveteur des Juifs. Ils disent qu'il a reçu les Procès-verbaux dits d'Auschwitz seulement le 2 juillet 1944, et a immédiatement arrêté les déportations en déployant même son armée pour protéger les Juifs de Budapest. En réalité, Horthy et Miklós Kállay, le premier ministre, ont été informés de plusieurs sources, entre autres par Döme Sztójay même, ambassadeur hongrois à Berlin, ce que „ Endlösung der Judenfrage ” voulait réellement dire. Ce n'était pas pour des considérations philosémites ou humanitaires générales que Horthy et Kállay n'ont pas autorisé la déportation des Juifs. Ce qui comptait à Budapest, c'était que Mussolini n'a pas livré ses "propres" Juifs et que ses officiers défendaient les Juifs sur les territoires occupés par les Italiens, d'Athènes à Nice. Les diplomates hongrois ont annoncé dans leurs rapports également que les nazis faisaient face à de plus en plus grandes difficultés déjà l'automne 1942 en Roumanie, dans la France de Pétain et même dans le petit Etat fantoche de Slovaquie quand ils voulaient continuer les déportations. La direction hongroise croayait que la déportation des Juifs hongrois mènerait à des troubles socio-économiques. Les dirigeants croyaient également qu'en ne permettant pas la déportation des Juifs ils pouvaient augmenter leur crédit politique à Londres, à Washington et à Moscou.
Après 1990, les mémoires des dirigeants de l'ère Horthy ont été publiés l'un après l'autre aussi en Hongrie. Les mémoires de la belle-fille de Horthy étaient pendant longtemps en tête des listes de ventes. Les pamphlétaires et les personnages publics niant et mettant en cause tous les résultats de l'historiographie précédant 1990 se réfèrent à ces mémoires comme à des sources historiques irréfutables. Le leader de l'extrême-droite hongroise, István Csurka, qui par ailleurs imite Le Pen et le prend pour modèle, ne nie pas les faits de la Shoah hongroise dans son oeuvre volumineuse de pamphlétaire. Voilà ce qu'il dit, à sa manière singulière: "L'antisémitisme des nazis a conduit, d'une manière déplorable, aux chambres à gaz" Csurka n'affirme pas plus que l'on parle trop des souffrances des Juifs hongrois afin de perpétuer le sentiment de culpabilité des Hongrois. Or si ce sentiment de culpabilité n'existait pas, les jeunes hongrois pouvaient se mettre sans problème à la récupération des territoires détachés de la Hongrie à Trianon en 1920..
Csurka reconnaît les faits de la Shoah hongroise, par exemple, les plus de demi-million de victimes aussi pour qu'il puisse affirmer avec encore plus de force que les Juifs ont introduit le communisme aussi en Hongrie par vengeance, à cause de la Shoah. Pourtant le peuple hongrois est innocent parce que ce n'est que les occupants allemands et leurs complices, les Croix-Fléchées qui sont responsables de la Shoah – dit aussi Csurka. La nouvelle/ancienne droite garde le silence profond sur le fait que Miklós Horthy, après une hésitation courte, est resté à sa place après le 19 mars 1944 et que les allemands n'ont pas mis au pouvoir les Croix-Fléchées et leur leader, Ferenc Szálasi, mais c'est Döme Sztójay qui est devenu le nouveau premier ministre. Non seulement la signature de Horthy brille sur l'acte de nomination du nouveau gouvernement hongrois, un "vrai" gouvernement à la Quisling, mais en plus il a nommé László Endre et László Baky, généralement connus comme des antisémites sauvages, qui détenaient la distinction accordée aux serviteurs de l'État sous le régime Horthy, secrétaires d'état du Ministère de l'Intérieur, des postes clés.
Comment Horthy et l'élite politique qui lui était fidèle aurait pu éviter l'occupation allemande de la Hongrie est un problème ardu. István Deák, professeur américain, mentionne dans sa critique sur le livre de R. L. Braham que si les Hongrois avaient collaboré avec les Allemands avec plus d'enthousiasme et avaient changé de camp au bon moment, après des préparations adéquates, comme les Roumains, les Juifs hongrois auraient pu survivre à la guerre comme leurs coreligionnaires roumains. Les personnes mises en examen dans le procès Sztójay, par contre, ont affirmé qu'à part les tentatives maladroites de Horthy pour obtenir une paix à part, sa politique de protection excessive des Juifs a également contribué à la détérioration fatale des relations allemandes-hongroises. Après 1945, l'on considérait pendant un bon moment que Horthy aurait dû se préparer à l'occupation, voire il aurait dû résister. Même les critiques les plus sévères de Horthy reconnaissent que la Wehrmacht aurait rapidement brisé la résistance mais l'on peut se demander à quel point le fait d'une occupation évidente et brutale aurait été pris en compte après la seconde guerre mondiale, par exemple pendant les négociations de paix de Paris. Il n'est pas du tout sûr que résister aux Allemands aurait demandé plus de sacrifice en hommes que de lutter de leur côté contre l'Armée Rouge et de déporter les Juifs en collaboration avec la SS. Mais il n'est pas sûr non plus que l'état-major, en majorité pro-allemand, aurait été prêt à lutter contre la Wehrmacht en mars 1944 si Horthy le leur avait ordonné. Il est aussi douteux combien de fonctionnaires, par exemple, auraient suivi Horthy si le régent avait abdiqué le 19 mars 1944 et avait essayé de les appeler à la résistance.
Selon les apologistes de Horthy, après le 19 mars 1944 il était impuissant, un prisonnier des occupants. Cette affirmation est difficilement compatible avec le fait que plus tard Horthy est quand même célébré en tant que sauveteur des Juifs (de Budapest). En effet, le 6 juillet 1944, comme mentionné plus haut, il a arrêté les déportations. Tout ceci après la déportation de 437.000 Juifs, dont la majorité à Auschwitz. Nous ne connaissons pas les motifs exacts de Horthy. En dehors de la situation militaire, ne cessant pas de se détériorer, Horthy a aussi été influencé par les protestataires étrangers et hongrois et il avait peur que – une fois les Juifs déportés de Budapest (il s'agissait d'environ 250.000 personnes qui attendaient leur destin non pas dans le ghetto mais dans des maisons à l'étoile jaune aux divers endroits de la capitale) – la force de l'air anglo-saxonne aille lancer un bombardement intense contre Budapest. Horthy croyait que l'objectif du secrétaire d'état Baky n'était pas de déporter les Juifs de Budapest, mais d'organiser un coup d'Etat contre lui. Horthy a certainement fait diriger le régiment blindé d'Esztergom à Budapest en raison de protéger son propre pouvoir et non pas les Juifs.
Certains essayent de présenter le fait que Horthy a tenté de changer de camp après avoir dissolu le gouvernement Sztójay le 29 août 1944, comme si c'était son immense mérite. Le corps d'officiers, en majorité pro-allemand, toutefois, n'a pas suivi son Régent le 15 octobre 1944 et les nazis ont placé Szálasi et sa racaille de Croix-Fléchées au pouvoir.
• Les Conseils des Juifs, les résistants sionistes
Lévai, Munkácsi et autres ont souligné la question de la responsabilité des dirigeants du Conseil Central des Juifs, en soulignant par exemple que bien que ces derniers sussent ce que les nazis et leurs complices faisaient avec les Juifs partout en Europe, ils ne les ont pas appelés à la résistance, ni ont pas encouragé leurs coreligionnaires à se sauver. Les responsables du Conseil des Juifs (Samu Stern, Károly Wilhelm, Erno Peto, Béla Berend) mais aussi plusieurs résistants sionistes (Rezso Kasztner, Ottó Komoly) sont donc devenus traîtres de leur peuple, des collaborationnistes lâches ne se souciant que de leur propre vie, comme on le pensait aussi en Israël à l'époque. R. L. Braham, suivant Jeno Lévai aussi dans ce domaine-là, ne pose même pas la question de savoir comment, de quelle manière les responsables du Conseil auraient pu informer les masses juives s'ils avaient souhaité le faire. Ils n'examinent pas non plus la question de savoir, comment, où et combien de personnes auraient pu se sauver si les Juifs hongrois étaient informés de la réalité d'Auschwitz.
Suite aux nouvelles recherches, nous voyons de plus en plus clairement que ce n'étaient pas les informations concernant la Shoah qui faisaient défaut mais la majorité des Juifs tout simplement ne voulait pas, ne pouvait pas y croire. Krisztina Munkácsi a prouvé que le procès de tribunal populaire de Béla Berend, ancien grand rabbin de Szigetvár, ayant parcouru une des carrières les plus controversées parmi les membres du Conseil Central des Juifs, a été pour la plupart fondé sur des accusations forgées des toutes pièces. Judit Molnár a publié de nouvelles données remarquables sur l'organisation du Conseil Central des Juifs. Actuellement, elle travaille avec Gábor Kádár sur la publication hongroise du "Rapport" écrit par Rezso Kasztner après 1945. On peut espérer que cette publication contribuera à ramener le débat sur Kasztner et sur la question de savoir s'il était un "héros" ou un "traître" sur une base de recherches historiques.
Depuis 1990, plusieurs ouvrages ont été publiés sur les activités des résistants sionistes . Les anciens résistants, en majorité vivant aujourd'hui en Israël et à juste titre fiers des leurs actes injustement oubliés ou sciemment passés sous le silence, ainsi que l'historien mandaté par eux, ont réagi avec une colère offensée quand certains historiens ont mis en cause certaines de leurs exagérations. Toute une série de documents prouve par exemple qu'un Schutzpass ou un Schutzbriefe ne signifiaient pas forcément le salut de son porteur en automne 1944, pendant le régime des Croix-Fléchées. La valeur des sauf-conduits, forgés dans une grande nombre, s'est diluée, en mettant en danger aussi les porteurs des sauf-conduits vrais. Les prisonniers du ghetto de Pest ont été alimentés non seulement par les sionistes, mais aussi par exemple par l'office compétent de la capitale et l'on pourrait mentionner encore de nombreuses questions controversées. Les experts sont néanmoins d'accord avec les résistants encore vivants sur le fait qu'ils étaient bel et bien des résistants même si ce n'était pas avec des armes de feu qu'ils luttaient contre les nazis et leurs complices, les croix-fléchées.
• Le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat )
Les survivants de la Shoah, en désaccord avec l'extrême droite, ont des difficultés à accepter que le service du travail obligatoire ( munkaszolgálat ) ne soit pas considéré de la même manière qu'Auschwitz-Birkenau. A leurs avis, il ne s'agit que des méthodes différentes de l'extermination systématique des Juifs. C'est ainsi que le camp de Bor et d'autres camps du travail forcé deviennent des camps d'extermination et la seule appellation acceptée par certains pour les compagnies de S.T.O. est le "gibet en mouvement". C'est un des paradoxes de l'histoire du S.T.O. hongrois que même si avant 1944 c'était un des plus efficaces instruments de la destruction des Juifs, après l'occupation allemande, au printemps 1944, le Ministère de la Défense a "protégé" les Juifs de la déportation.
Récemment, certains spécialistes de l'histoire militaire ont révisé le chiffre d'environ 40.000 victimes requis, chiffre généralement accepté par les ouvrages spécialisés et les pamphlétaires, et affirment que "seulement" environ 25.000 Juifs sont morts sur le front de l'Est, dont la majorité, en plus, non pas à la suite des actes militaires mais dans les camps soviétiques. Les "analyses" comparant les pertes de soldats sur la première ligne aussi avec la perte de requis dans l'arrière pays laissent penser explicitement ou implicitement que les circonstances des requis Juifs étaient au fait meilleures que celles des simples soldats. Les ouvrages spécialisés récents essayent de dessiner une image nuancée du S.T.O., des gardes et des officiers entre autres en utilisant les procès-verbaux des témoignages des requis ayant survécu au S.T.O., enregistrés encore en 1945.
Les procès de tribunal populaire après-guerre des miliciens et des officiers ayant brutalisé les requis constituent une source importante. Leur traitement thématique et analytique sera une des tâches de l'avenir proche. Ferenc Gáspár a frayé le chemin dans ce domaine par l'analyse détaillée d'un procès suivant la guerre portant sur le S.T.O. Son analyse porte sur les documents de tribunal populaire des prétendus responsables du carnage ayant eu lieu en octobre 1944 à la gare de Kiskunhalas. Le travail de Gáspár démontre que quelques anciens requis se sont associés pour tenter de se venger de la mort de leurs pairs sur les soldats et quelques officiers hongrois accompagnant les requis puisqu'on ne pouvait pas intercepter les officiers et les soldats responsables de la tuerie. L'accès aux procès de tribunal populaire, en premier lieu des procès des plus grands criminels de guerre hongrois avance bien depuis les dernières années. Les ouvrages spécialisés ont déjà prouvé d'une manière convaincante que l'affirmation selon laquelle presque tous les responsables aient échappé à la justice en Hongrie n'était pas vraie. Comme il est aussi exagéré de dire que les Juifs assoiffés de vengeance aient massacré par milliers ceux dont ils pensaient d'avoir été d'une manière ou d'une autre responsables de la Shoah. Moins de 200 personnes ont été exécutées pendant les trois années suivant la guerre en vertu du jugement du tribunal populaire pour des crimes de guerre et/ou crimes contre le peuple.
• Sauvetage d'hommes, collaboration
Le Département de Justes parmi les nations Yad Vashem a décerné jusqu'à présent le titre de "Juste parmi les nations", conférant un grand honneur à son porteur, à environ 500 Hongrois ou étrangers ayant sauvé des Juifs en Hongrie (parmi ces derniers Raoul Wallenberg est le plus connu mais ses pairs pleins de mérite ont aussi reçu la distinction, entre autres Carl Lutz, Angelo Rotta, Friedrich Born). Il est certain qu'il y avait plus de personnes hongroises ayant sauvé des Juifs. Rien qu'en étudiant les procès de tribunal populaire de 1945-1946 nous avons trouvé plus de cent cinquante hommes et femmes qui mériteraient cette distinction. Parler des Hongrois ayant sauvé des Juifs a toutefois ses dangers parce, que bon gré mal gré, l'attention se focalise sur eux, les très peu de personnes courageuses et dévouées, et l'on s'occupe moins qu'on ne le devrait des masses silencieuses, indifférentes ou souvent activement antisémites. Parfois on oublie qu'en Hongrie jusqu'à la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées, c'est-à-dire jusqu'au 15 octobre 1944, ceux qui sauvaient des Juifs ne mettaient en danger que leur emploi ou leur liberté personnelle et tout ceci n'impliquait pas encore un danger de mort pendant le gouvernement Sztójay.
Aussi certaines forces politiques ont-elles tenté de réhabiliter la gendarmerie (d'un effectif d'environ 20.000 en 1944) dont les membres avaient participé à la déportation des Juifs de province d'une manière disciplinée presque sans exception et beaucoup parmi eux avec un enthousiasme manifeste. Certains élus parlementaires du Parti indépendant des petits propriétaires, parti de droite, en profitant du désir des grandes masses urbaines et villageoises pour l'ordre, ont commencé à évoquer d'une manière nostalgique la gendarmerie en disant qu'autrefois, quand elle était responsable du maintien de l'ordre dans les villages, il y avait de l'ordre, de la paix et une sécurité des biens. Il y en a beaucoup qui affirment que les gendarmes ne participaient aux déportations en 1944 que sur ordre, suite aux instructions de leurs supérieurs, tout comme les fonctionnaires et les cheminots. En ce qui concerne les déportations, ils se sont efforcés de les exécuter d'une manière polie, humaine, et il n'y avait pratiquement pas de cruautés.
En mettant au premier plan les hauts dignitaires ecclésiastiques ayant résisté et sauvé des Juifs en 1944, certaines personnes cherchent à détourner l'attention des pontifes qui ont voté les deux premières lois sur les Juifs en 1938-1939 dans la chambre haute, avec un raisonnement antisémite zélé, et ce n'était qu'en 1941 qu'ils n'ont pas soutenu la loi sur la protection de la race du type Nürnberg. Ecrire l'histoire des Eglises catholique et calviniste pendant la seconde guerre mondiale reste aussi un des devoirs de l'avenir proche. Ce serait très intéressant de savoir, par exemple, quels rapports Angelo Rotta, nonce apostolique de Budapest, un des plus efficaces diplomates ayant sauvé des Juifs, a envoyé au pape Pie XII.
Conclusion et suggestions
Ce résumé montre également que l'histoire de la Shoah en Hongrie est pleine de contradictions et maintes questions intéressantes attendent à être éclaircies. Récemment, comme indiqué aussi dans le compte rendu sur le travail du groupe de recherche hongrois des Archives Yad Vashem, l'attention des jeunes chercheurs, à part les années 1944-45, se porte de plus en plus sur les événements des années 1938-1944 et 1945-1948. Si l'on cherche à comprendre pourquoi la majorité des fonctionnaires hongrois (plusieurs dizaines de milliers de personnes) ont participé avec discipline, parfois en témoignant d'un zèle manifeste et d'un sens d'initiative dans la ghettoïsation, la spoliation des biens et la déportation des Juifs en 1944, il faut connaître les étapes du chemin menant jusqu'à 1944. L'analyse des effets socio-économiques des lois sur les Juifs reste une tâche importante. Il y a lieu de mener des analyses comparatives aussi dans ce domaine-là et l'on pourrait étudier en commun les activités "légales" de spoliation précédant les déportations non seulement du gouvernement Vichy mais aussi des autres gouvernements européens collaborationnistes.
Bien qu'il existe des ouvrages spécialisés qui essayent de faire une analyse comparative de la carrière de certains leaders politiques importants, compte tenu tout particulièrement de leur rôle joué dans la Shoah, ce serait très instructif de traiter les biographies non seulement des tueurs nazis, mais aussi celles des leaders politiques collaborationnistes hongrois, slovaques, roumains, croates, etc. sous une forme scientifique et/ou de vulgarisation.
La quantité impressionnante de nouveaux fonds d'archives dépouillés jusqu'à présent nous permettra bientôt d'écrire l'histoire de la déjudaisation de nouveaux districts de gendarmerie en 1944. La monographie de Judit Molnár était le premier et nous espérons que non pas le dernier ouvrage sur ce sujet.
Aussi l'analyse comparative de la résistance et de la collaboration juive et des activités des divers Conseils Juifs aurait-elle certainement des résultats intéressants et instructifs.
Le problème des représailles après la guerre, en premier lieu avec l'analyse des procès de tribunal populaire, est également un sujet passionnant. Une analyse comparative de la politique d'après-guerre des divers pays pourrait être réalisée aussi sur cette question.
Bien qu'il soit difficile, sinon impossible de définir par des méthodes empiriques à quel point l'antisémitisme était fort ou faible dans les divers pays européens avant et après 1939, il conviendrait de réfléchir sur la mise en place des projets de recherches conjointes sur ce sujet.
Actuellement, nous travaillons sur deux projets importants. Le premier est celui de la conférence internationale sur la Shoah à organiser le 16-18 avril 2004 à Budapest dont l'ouverture sera en même temps la cérémonie d'inauguration du complexe de la Fondation Publique du Centre de Documentation et de la Collection Commémorative sur la Shoah dans la rue Páva, Budapest. La première exposition permanente hongroise sur la Shoah sera abritée par ce bâtiment. Pouvoir connaître des musées similaires et échanger des informations avec des experts ayant une expérience dans l'organisation de telles expositions aiderait énormément notre travail.
Bien que, comme nous l'avons mentionné, la littérature hongroise sur la Shoah soit relativement riche, ce serait très important de traduire certains ouvrages de base en hongrois. Nous annexons la liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français. En même temps, il serait essentiel qu'au moins les écoles primaires et secondaires et les bibliothèques aient accès aux ouvrages traduits vers le hongrois. Il y a quelques années la Fondation Soros avait un programme en Hongrie pour acheter une partie des livres publiés, par exemple un millier d'exemplaires et les offrir aux bibliothèques des écoles secondaires. Nous proposons de reprendre ce programme.
Des copies de films vidéo portant sur l'antisémitisme et la Shoah faciliteraient le travail de beaucoup d'enseignants.
Annex.
La liste des livres et des recueils d'études que nous proposons à traduire en français.
1. László Karsai : Holokauszt (Budapest, Pannonika K., 2001. 426.)
2. Judit Molnár : Csendorök, hivatalnokok, zsidók. Válogatott tanulmányok a magyar holokauszt történetébol (Szeged, Szegedi zsidó hitközség K., 2000. 223.)
3. Gábor Kádár - Zoltán Vági : Aranyvonat. Fejezetek a zsidó vagyon történetébol (Budapest, Osiris K., 2001. 304.)
Braham , Randolph L. (ed.): The Hungarian Jewish Catastrophe. A Selected and Annotated Bibliography (Columbia University Press, New York, 1984, pp 501; The Holocaust in Hungary. A Selected and Annotated Bibliography: 1984-2000, Columbia University Press, New York, 2001, pp 252.)
Jeno Lévai : Zsidósors Magyarországon (1948); Erno Munkácsi : Hogyan történt? Adatok és okmányok a magyar zsidóság tragédiájához (1947). Miklós Nyiszli : Mengele boncoló orvosa voltam (1946.). István Bibó : Zsidókérdés Magyarországon 1944 után (1948).
„Vádirat a nácizmus ellen I-III.” szerk. Ilona Benoschofsky – Elek Karsai , ,(Budapest, MIOK, 1958, 1960, 1967.)
„Fegyvertelen álltak az aknamezokön…” Szerk. Elek Karsai (Budapest, MIOK, 1962. I-II.) Szabolcs Szita : Halálerod. A munkaszolgálat és a hadimunka történetéhez 1944-1945. (Budapest, Kossuth, 1989.)
Jeno Lévai : Raoul Wallenberg regényes élete, hosi küzdelmei, rejtélyes eltunésének titkai (Budapest, Magyar Téka, 1948.).
Tamás Stark : Zsidóság a vészkorszakban és a felszabadulás után 1939-1955 (Budapest, MTA-TTI,1995.)
László Varga : A Holocaust és ami utána.... In.:The Holocaust in Hungary. Fifty Years Later .Eds.:R.L. Braham —Attila Pók . New York, Columbia UnivesrityPress, 1997.pp. 513-519.
László Karsai : Cigánykérdés Magyarországon 1919-1945. Út a cigány Holocausthoz (Cserépfalvi K, Budapest, 1992.)
Tamás Stark - Péter Szabó - Sándor Szakály : A magyar munkaszolgálat ( Magyar Nemzet , 1992. február 20.)
Tamás Majsai : A korösmezei zsidódeportálás 1941-ben (A Ráday Gyujtemény Évkönyve IV-V. 1984-1985. 59-86.)
A. Eniko Sajti : Délvidék 1941-1944. A magyar kormányok délszláv politikája (Budapest, Kossuth K., 1987.)
Tibor Cseres : Hideg napok (Budapest, Magveto K., 1966.)
A. Eniko Sajti , Délvidék., László Varga : „Forradalmi törvényesség”: jogszolgáltatás 1945 után Magyarországon ( Beszélo , 1999 november. N. 11. 57-73. )
Gyula Juhász : Magyarország külpolitikája 1919-1945 (Budapest, Kossuth, 1988.)
István Ihász - Mária Schmidt - Tamás Stark - József Schweitzer : Az auschwitzi új magyar kiállítás forgatókönyve (Budapest, 1999, kézirat)
Péter Gosztonyi et Mária Schmidt en 1993 dans plusieurs emmissions radiophoniques et télévisées ont fait l'affirmation ci-dessus just avant le ré-enterrement officiel en Hongrie de Miklós Horthy.
László Karsai : Holokauszt (Budapest, Pannonika K., 2001.)
Steinberg , Jonathan: All or Nothing. The Axis and the Holocaust 1941-1943.(London-New York, Routledge, 1990.)
Hilberg , Raul: The Destruction of the European Jews (New York-London, Holmes and Meier, 1985. I-III.)
Horthy Miklós titkos iratai (szerk. Miklós, Szinai – László, Szucs , Budapest, Kossuth K., 1962.)
Miklós Horthy : Emlékiratai (Budapest, Európa-História K., 1990.), Miklós Kállay : Magyarország miniszterelnöke voltam 1942-1944 (Budapest, Európa-História, 1991.)
Ilona Gyulai Edelsheim : Becsület és kötelesség (Budapest, Európa K., 2001.)
László Karsai : The School Holocaust Memorial Day (in: András Gero- László Varga - Mátyás Vince eds.: Anti-Semitic Discourse in Hungary in 2001. Budapest, 2002, 201-208.)
László Karsai : History, Holocaust and Politics (in.:András Gero - László Varga – Mátyás Vince eds.: Anti-Semitic Discourse in Hungary in 2000, Budapest, 2001, 147-154.)
Az Endre-Baky-Jaross per (szerk. László Karsai - Judit Molnár , Budapest, Cserépfalvi K., 1994.), Imrédy Béla a vádlottak padján (szerk.: Péter Sipos , Budapest, Osiris-Budapest Fováros Levéltára, 1999.)
András Kovács : Az ijeszto végkövetkeztetés ( BUKSZ , 1990. N. 1. 74-78.)
László Karsai - Judit Molnár : A Sztójay-per (manuscript)
Krisztina Munkácsi : Berend Béla forabbi népbírósági pere ( Századok , 130 évf. 1996. N. 6. 1525-1552.
Judit Molnár : The Foundation and Activities of the Hungarian Jewish Council, March 20-July 7, 1944. ( Yad Vashem Studies , Vol. XXX., Jerusalem 2002, pp.93-123.)
Judit Molnár - Gábor Kádár : Kasztner Rezso jelentése, 1946 (manuscript)
István Gábor Benedek - György Vámos : Tépd le a sárga csillagot (Budapest, Pallas K., 1990.) Avihu Ronen : Harc az életért. Cionista (somér) ellenállás Budapesten 1944. (Budapest, Belvárosi K., 1998.)
László Karsai : Loni vagy túlélni? ( Beszélo , 1999. július-augusztus, 104-115.)
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Gábor Kádár - Zoltán Vági : Zsidók és nem zsidók. Szolidaritás és embermentés a vészkorszakban ( Holocaust Füzetek , Budapest, 1998, N. 10. 9-107.)
Ferenc Gáspár : A kiskunhalasi tragédia ( Századok , 130. évf. N. 6. 1473-1504.
Imrédy Béla., László Karsai –Judit Molnár eds.: Küzdelem az igazságért. Tanulmányok R. L. Braham 80. születésnapjára (Budapest, MAZSIHISZ, 2002.)
A magyar rendvédelem története (Foszerk. Parádi József, Budapest, 1996.)
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Judit Molnár : Zsidósors 1944-ben az V. (szegedi) csendorkerületben (Budapest, Cserépfalvi K., 1995.)
lunes, 6 de agosto de 2012
OS JUDEUS EM TRÁS OS MONTES: BELMONTE - terra de judeus (II)
OS JUDEUS EM TRÁS OS MONTES: BELMONTE - terra de judeus (II): Click na imagem para ampliar Textos e Fotos: Susana Bailarim Paginação: Luís Teixeira
jueves, 19 de julio de 2012
Cantar de los Cantares 5:2
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FUENTE http://www.es.chabad.org/library/article_cdo/aid/645703/jewish/Kol-Dodi.htm
Fonética:
Kol dodi dofej pitji li ajoti raiati ionati tamati
Traducción
"Yo duermo, pero mi corazón está despierto. ¡Presta atención! Mi amado está llamando: Ábreme, mi hermana, mi amada, mi paloma, mi perfecta, pues mi cabeza está llena de rocío, mis cabellos con las gotas de la noche".
La profundamente conmovedora tonada de esta melodía da expresión al significado del versículo. El llamado celestial de la voz de Di-s despierta y convoca al alma del hombre para que permita entrar a la Divinidad en su corazón. En la última frase de la melodía tenemos la respuesta del alma. Está lista para cumplir su misión del designio celestial de iluminar al mundo a través de Torá y Mitzvot.
Esta melodía es una de las diez compuestas por el Alter Rebe mismo. El Lubavitcher Rebe Anterior, Rabí Iosef Itzjak, explicó una vez que con el poder inherente en esta melodía el Alter Rebe podía purificar y refinar un alma judía.
Compuesta o enseñada por
Rabí Schneur Zalman de Liadi
sábado, 14 de julio de 2012
viernes, 13 de julio de 2012
domingo, 20 de mayo de 2012
jueves, 5 de abril de 2012
Jews killed Jews to create the state of Israel
Jews killed Jews to create the state of Israel
Iwo Cyprian Pogonowski|Monday, June 6, 2011
The statement that: “Jews killed Jews to create the state of Israel” was made by Naeim Giladi, author of the book: “Ben-Gurion’s Scandals: How The Haganah and Mossad Eliminated Jews,” (Dandelion Books, LLC, Tempe Arizona, 2nd expanded edition 2003). Giladi wrote this book first in Hebrew and then in Arabic upon arrival to the US where he confirmed as an eye witness the facts concerning the Zionist bombings in Iraq, the rejection by Isarel of Arab peace overtures and the deadly violence inflicted by Jews on Jews in the cause of creating Israel. Stalin’s intended Israel to be a “bone of contention” in the Middle East. Some observers mention the possibility that Stalin also hoped to create Isarel as a Marxist state, part of the Soviet postwar empire.
Stalin’s decision do use the Zionists in establishing the state of Israel after the Second World War, was motivated primarily by his intent to oppose the United States in the oil rich Middle East. The temporary Soviet support for the Zionists materialized in the the form of allowing 711,000 Jews to exit from countries behind the Iron Courtain, in 1945-1947 supposedly in order to emigrate to Palestine. The Zionists advertised this migration under the code-name “Briha” - Escape of Jews from Europe. In reality the vast majority of Jews preferred to go to the United States or stay in France. Of the 711,000 Jewish refugees, panicked by some fifteen pogroms staged by the NKVD in 1945-1947, with some Zionist assistance, only 232,000 actually went to Palestine.
Only the Pogrom of Kielce of the 4th of July, 1946, was described in the world press, naturally in the Soviet version. Fifteen other pogroms in the satellite states, four of them in Budapest alone, were never reported in the world media or were reported in such a way that they did not survive in public memory. The Zionists organized the groups of Jewish refugees left Poland mainly through the cities of Szczecin and Klodzko. The Soviet terror apparatus in Kielce conducted show-trials of nine Poles, who under tortures signed confessions and were immediately executed. Later their families provided evidence, that none of the executed men, was present in Kielce on the 4th of July, 1946. The Bishop of Kielce, Czeslaw Kaczmarek was tortured for forty hours and lost nineteen teeth before Jewish security officers were able to extract from him an incriminating statement. They acted under the supervision of colonel Jozef Rózanski Goldberg, director of the ministry of national security (MBP), who wrote threatening note to Bishop Kaczmarek: “I have smashed the faces of the lawyers, and I warn you Bishop Kaczmarek, not to ever seek legal help.” Dr. Roman Dzwonkowski, SAC described these events in Nasz Dziennik of May 20- 21, 2006, Nr . 117m (2527) “War on the Catholic Church in the Polish People’s Republic (PRL 1945-1989).” These events happened during the reign of terror of Jozef Berman, Moscow’s reprersentative in Warsaw, in Soviet controlled Poland. According to Stefan Korbonski, (former head of the military and the civil underground resistance in Poland), during ten years after World War II, “Poles and Jews in World War II.” Polish people lived under Jewish terror controlled by Stalinist Russia. Stefan Korbonski published a number of books on wartime Poland, such as “The Polish Underground State” (ISBN o-88254-517-5). Stefan Korbonski received the Righteous Gentile Award from Yad Vashem in Israel. The Soviet terror apparatus organized the departure for Palestine of Jewish war-veterans and provided them with weapons manufactured in Czechoslovakia. In March 1947, the Soviet Union, represented by Andrei Gromyko, was the first member state of the United Nations to demand the partition of Palestine and creation there of the state of Israel as a new member of the UN. The UN authortized the Partition of Palestine in November 1947 and on May 14, 1948 the state of Israel was founded. The Israeli armed forces were officially established on May 28, 1948. They were composed on the Haganah (the defense) and the Irgun Zwei Leumi (National Military Organization. The armed forces of the new Israeli state included 60,000 soldiers and officers, many of them veterans of the Second World War, who occupied more land than they could settle with Jews present in Palestine. The Israeli conquests provoked an Arab rally in defense of their land which was confiscated by the Jewish invaders. Naeim Giladi, author of the book: “Ben-Gurion’s Scandals: How The Haganah and Mossad Eliminated Jews,” was 12 years old when on June 1, 1941 during the riots provoked by the British colonial forces, when several hundred Iraqi Jews were killed. In 1921, a British puppet, Amir Faisal, became king of Iraq. He appointed many Jews to important government positions, including that of economics minister. At that time “Zionism has sown dissension between Jews and Arabs” as a result of the British support for the “Balfour Declaration.” In exchange for helping to bring the United States into the First World War, the British proclaimed Palestine as a “Jewish Homeland.” This was done in a letter of November 2, 1917 written by the foreign secretary, Arthur Balfour, to the chief Zionist in Gr. Britain, Walter Rothschild (see John Cornelius: “The Hidden History of the Balfour Declaration.”) The new bitterness, which did not previously exist, developed between Jews and Arabs. British support for the Zionists and the British “tutelage” of Iraq was deeply resented by the Iraqi Arabs, among whom grew an anti-Zionist backlash. TheBritish occupied Basra in Iraq on April 12, 1941. They alleged that the local Jews pledged allegiance to them and provoked riots that served as a pretext for intervention and looting by the British army, which occupied Bagdad on May 30, 1941. False rumor was spread that Jews from Palestine were fighting alonside the British against the Iraqi’s near the town of Felujah. By June 2, looting spread to the Jewish quarter in Bagdad to 1300 stores and 1000 homes. The British Gurkha units killed some 500 Jews in the streets of Bagdad as a part of the British pacification and occupation of Iraq. The Zionists underground was set up in Iraq. The Zionist conquests in Palestine and massacres of Arabs, such as in the village of Deir Yassin, strengthened the anti-British movement in Iraq. In January 1948 riots broke out in Iraq against the British domination. When Isarel declared independence the Iraqis closed the oil pipeline connected to the refinery in Haifa. As a Zionist, Naeim Giladi was imprisoned in Abu-Gharib until his escape in September 1949. Six month later on March 19, 1950, a bomb exploded in the American Cultural Center and Library frequented by Jews in Bagdad. On April 8, 1950 a bomb was thrown at the Jews into El-Dar El-Bida Café, where Jews were celebrating the Passover and four of them were injured. Leaflets were distributed calling on Jews to leave Iraq immediately. Very many Jews who had no property jammed emigration offices to renounce their citizenship and to apply for permission to leave for Israel. Jewish owned The Jewish owned Beit-Lawi Automobile Company building was damaged by a grenade on May 10, 1950 without any casualities. On June 3, 1950 grenade exploded harmlessly in the Jewish area El-Batawin and Zionists sent telegrams to Israel asking for an increase of immigration quotas for Iraqi Jews. On June 5, another Jewish building was damaged without casualities by a bomb exlosion on El_Rasjid street. On January 14, 1951 a high-voltage cable damaged by a grenade killed three Jews outside Masouda Shem-Tov Synagogue. By ten the exodus reached 600-700 Jews per day. Contrary to the Zionist propaganda, Giladi writes: ”The terrible truth is that the grenades that killed and maimed Iraqi Jews and damaged their property were thrown by Zionist Jews.” The leaflets published by the Zionist underground in Iraq on March 16, 1950 and on April 8, 1950, called on Jews to leave Iraq immediately. Wilbur Crane Eveland, CIA agent stated in 1988 that: “In an attempt to portray the Iraqis as anti-American and to terrorize the Jews, the Zionists planted bombs in theU.S. Information Service library and in the synagogues. Soon Leaflets began to appear urging Jews to flee tro Israel.. The Iraqi police later provided our embassy with evidence to show that the synagogue and library bombings, as well as the anti-Jewish and anti-American leaflet campaigns, had been the work of an underground Zionist organization, most of the world believed reports that Arab terrorism had motivated the flight of the Iraqi Jews whom the Zionists had “rescued” really just in order to increase Israel’s Jewish population.” (Wilbur Crane Eveland, “Ropes of Sand: America’s Failure in the Middle East,: N.Y. Norton, 1980, pp 48-49). Giladi writes that Israeli prime minister David Ben-Gurion (1886-1973) needed “Oriental” Jews to farm the thousands of acres of land left by the Palestinians, who were driven out by Israeli forces in 1948. Israel Shamir describes the hatred of farm work and farm workers by the European Jews (“Jewish History, Jewish Religion”). Out of over one million hectars owned by Jews in carist Russia less than 10% was worked by Jews themselves. Giladi describes how Israel was using bacteriological methods and deliberately infected many Palestinians with typhus and dysentery. He quotes Israeli daily, Hadashot of August 13, 1993 in which Sara Laybobis-Dar reported interviews with Isarelis who had knowledge of the use of bacteriological weapons in the 1948 war. Mileshtin said bacteria was used to poison the wells of every village emptied of its Arab inhabitants and Moshe Dayan, a division commander at the time “gave orders in 1948 to remove Arabs from villages, bulldoze their homes, and render water wells unusable with typhus and dysentery bacteria.” The town of Acre was well defended and was situated on a creek named Capri. The Haganah put typhus bacteria upstream into water flowing to Acre, the defenders got sick and Jewish forces were able to occupy that locality. Haganah sent Jews dressed as Arabs into Gaza, then occupied by Egyptian soldiers, who caught them putting two cans of bacteria, typhus and dysentery into the drinking water supply. Giladi started political activity because of contemptuous treatment by eastern European, mostly Polish Jews of Jews from Islamic Countries who were treated like “Negroes.” Among Jews, who came from Poland there were many descendents of mixed marriages and their features differed from Semitic Jews in the Arab countries. Giladi organized demonstrations in Ashkelon, against Ben-Gurion’s racist policies and 10,000 people participated. They protested being treated as second class citizens in Israel. The cease-fire with Egypt in 1970 brought enough tranquility to enable the “second class” Israelis to demand equal treatment. They were called “Israel’s Black Panters” and proudly displayed posters of personalities such as Martin Luther King, Malcom X, and Nelson Mandela. Similar attitudes were common in Germany before WWI when the German Jews discriminated against the “Ost Juden” who tried to migrate to Germany from the East. According to Israel Shahak at the end of the “golden decade” of Jewish colonization and exploitation of Poland’s Ukrainian provinces in 1648 Khmelnytzky rebellion broke out and some 50,000 Jews were slaughtered Khmelnytzky’s Cossaks. At that time the Jewish leadership became convinced, that Jews will be evicted from Poland sooner or later, as they were evicted earlier from England, France, German states, and Spain. The flight of Jewish money out of Poland to Berlin helped to finance in 1701 the creation of the Kongdom of Prussia, the initiator of the partitions of Poland in 1762. When the international crime of the partitions of Poland was taking place, the Germans evicted from western Poland masses of poor Jews called “Bettel Juden.” Germans allowed only well-to-do Jews to remain in the Kingdom of Prussia. Bettel Juden as well as Ost Juden were contemptuous terms used by German Jews, and they were similar in intent to the term “Jews from Islamic coutries” as it is used today in Israel.
When the Isareli authorities condoned the massacres of Palestinians in Lebanon at Sabra and Shatilla, Naeim Giladi moved to the United States, revoked his Israeli citizenship and became an American citizen. In order to publish his book translated into English, Giladi spent $60,000 out of pocket, or rather out of proceeds from the sale of his house in Israel. He mentions that on Sept 12, 1990, the New York State Supreme Court issued a restraining order, at the request of the Israeli government, to prevent the publication of Victor Ostrovsky’s book, “By Way of Deception: The Making and Unmaking of a Mossad Officer.” (The New York State Appeals Court lifted the ban the next day.) Giladi now considers the Zionst program to be criminal from the beginning, because Zionist leaders knew, that in order to establish a Jewish state, they had to expel the indigenous Palestinians and import hundreds of thousands Jews (first 232,00 from Soviet satellite states and then 547,000 from the Arab states). Vladimir Jabotinsky frankly admitted that such a transfer of population could only be brought by force and fear. To drive Jews out of their homes in countries such as Poland, Slovakia, and Hungary pogroms were staged by the NKVD in Kielce in the Soviet occupied eastern Europe. The best known of these is the pogrom of Kielce on the 4th of July, 1946. There also occurred two pogroms in Bratislava and four pogroms in Budapest in 1945-1947, etc. But the Pogrom in Poland received most publicity, because it could kill two birds with one stone, so to speak: persuade the Polish Jews to leave for Israel, and convince the western powers that only a strong Soviet hand could keep “anti-Semitic” Poland from doing harm to Jews. Subsequently the Zionists organized, with Soviet permission, the exit of some 711,000 Jews from countries behind the “Iron Curtin.” The Zionists also organized the terror in the Arab states and caused the flight of Jews from Bagdad, Damscus, and other Arab cities in 1950-1951, and later. In the early 1950s an Iraqi investigator published in Arabic a book of the1950-51 bombings in Bagdad. The book was titled “Venom of the Zionist Viper,” in which the anti-hero is Israeli emissary Mordechai Ben-Porat. Mossad, working through the US Embassy in Bagdad, bought up all the books about the “Zionist Viper” and destroyed them. Giladi writes about Zionist collaboration with the Nazis and states that Britain was able to enforce the Arab governments to operate under pro- British leaders. And if, as in Iraq, these leaders were overthrown, then the British would foment an anti-Jewish riot or two in order to use the riots as useful pretexts to invade the Arab capital and reinstate the “right” leaders. In 1949, Isarel sent the spy Mordechai Ben-Porat to Iraq, to offer the government of el-Said in Bagdad, large financial incentives to enact a law that would take away the citizenship from the Iraqi Jews so that they would be forced to emigrate to Israel. Uri Avnery, writing in the magazine Haolam Hazel, accused Ben-Porat of the Bagdad bombings. Porat is still called Morad Abu al-Knabel or “Mordechai of the Bombs.” Giladi asked Ben-Gurion: why, since Israel is a democracy with a parliament, does it not have a constitution? Ben-Gurion answered: “Look boy if we have a constitution, we have to write in it the border of our country. And this is not our border, my dear.” Asked: “Then where is the border?,” Ben-Gurion answered: “Wherever the Sahal (Isareli army) will come, this is the border.” Thus, according to Naeim Giladi “Jews killed Jews to create the state of Israel,” the author of the book: “Ben-Gurion’s Scandals: How The Haganah and Mossad Eliminated Jews.” Provides ample proof for that statement. In the process of creating, enlarging and consolidating the state of Israel more than million two hundred thousand Jews were cruelly and brutally driven by terror from their homes in Europe and in the Middle East. This was planned and done in order to create a Jewish state in Palestine at the expense of the Palestinian Arabs. The German dehumanizing routine Lasciate ogni speranza voi ch' entrate. (Abandon hope, all you who enter here.) On a steamy August day in Tarnow, in 1941, in German-occupied Poland, German SS guards pointed machine guns at the heads of five Polish prisoners sitting in chains on a bench at the rear of a flatbed truck. The convoy of similarly loaded trucks was traveling (expeditiously) through town's business and residential areas (giving an impression) as if heading off to an execution site. Polish civilians (and especially women in residential areas )feared the worst and women openly cried (and covered the eyes of the children to spare them the fraightening sight, which was repeated 100 times throughout the day -- for a total of about 500 Polish prisoners. This was the German policy of "Schreklichkeit."(intimidating terror) In German terminology it stood for the policy intended to terrorize the population of occupied Poland by maintaining continuous atmosphere of fear and doom. From the trucks the prisoners were packed onto cattle cars of the train destined for Auschwitz Concentration Camp. After arrival at Auschwitz, the train was placed on a railroad siding, with the prisoners still on board, for two days without water or food. For whatever reason, a decision was eventually made not to unload the prisoners at the overcrowded Auschwitz camp which was in an early stage of its operation. Instead the train went to another camp in Oranienburg, near Berlin. I was one of the prisoners. I was on that train. This was the start of the eighth out of 64 months altogether of my descent into hell on earth at the hands of German executioners (captors). I had arrived, on August 10, 1940 at what became my final destination for the duration of World War II: the Oranienburg-Sachsenhausen Concentration Camp. Once I was outside the cattle car, I stretched and took a deep breath. An SS guard standing behind me noticed the stretching and immediately knocked me off my feet with a blow of his rifle butt on the back of my head. He shouted: "frecher Hund!" (you insolent dog!). I later realized that this behavior was part of a concerted and constant routine meant to terrorize the prisoners. A friend, Witek Wierzbicki helped me to get up and wiped fresh blood off my head. Witek was a student of comparative literature at the University of Warsaw, and recently recovered from an arm wound, which he suffered as a cavalryman during the September campaign. Soon we were formed into a marching column, five men abreast. After an hour march we crossed the camp gate. I have noticed an inscription above the gate, but I still had a blurred vision from the head blow. I asked Witek about it. He could plainly see that the inscription above him read "Arbeit Macht Frei" (Work makes you free). Instead of repeating this, my friend perfectly captured the reality of the moment and wryly claimed that it was the quotation upon entering Dante's Inferno: Lasciate ogni speranza voi ch' entrate (Abandon all hope, you who enter here). When I think about the concentration camp, certain things stand indelibly in my mind: the camp terminology, and the roughly-barked German orders with their hate-filled words. Even now as an old man, it still pains me to think about the concentration camp, of the beatings, the shootings, the deaths, the stacked corpses. And for those of us in the camp who were not corpses yet, the Germans running the camp conducted a systematic campaign of dehumanizing routines to deprive prisoners of human dignity and of human individuality. They wanted break our spirits. They wanted us, like in Dante's Inferno, to abandon hope. Quarantine - "Stehkommando" (commando or an order to stand for hours or the whole day) The new arrivals (Zugaenge) were deloused (applying lice-killing liquid to their bodies), their hair was cut off; they were given "zebra" striped prison garb. Each inmate was given two number strips with red triangle and the letter "P" to indicate that we were Polish political prisoners (one for the left side of the coat and the other for the right legging of the pants) Most of men in my transport, including me, have previously spent many months in Gestapo prisons and were pale and not used to sunshine. There was no sitting down during the working hours (Arbeitszeit), which extended from the morning count of prisoners to the evening count in the camp main square called Apell Platz. The prisoners were nominally held as if in preventive captivity and therefore were called "Schutzhaeftlinge." Upon arrival we were directed to the quarantine section of the camp. There, as in the rest of the camp, each of the barracks was controlled by a "Blockaeltester" or "der Blockaelteste" (chief of the barracks), a hardened criminal (Berufsverbrecher) from German prison system and an expert in the browbeating intimidation. He wore next to his identification number a green triangle, identifying him as a criminal. Food distribution was under his control. German homosexuals were called "asos" for "asociale Elemente" (asocial elements). We were given shoes with wooden soles. Walking was forbidden during the "Arbeitszeit" (during the work time): we were ordered to run whenever we were going anyplace. The command was "im Laufschritt, marsch! marsch!" (run, march! March!). We were assigned to a "Stehkommando," which meant that we were to stand the whole day in front of the quarantine building with shorn heads exposed to the Summer sun. Soon the skin on our heads started swelling. In the worst cases victims looked as if they had helmets on. Some actually could not see anything as the swelling covered their foreheads and eyes. By any measure, life in the camp was indeed a hellish existence. Under the supervision of the SS-guards, several times a day the "Blockaeltester" ordered "sport." He and his helpers would make us lay down and get up in a hurry several hundred times and run a few steps in between hitting the ground. They shouted their commands in rapid succession: "hinlegen! auf! marsch! marsch!" (Lay down, up, march! march!). Then they would order us to jump like frogs shouting "Kniebeugen! huepfen!" (deep-knee bend, squat, jump!) Then they shouted "hinlegen! rollen!" (lay down on the ground and roll). It usually lasted until many prisoners started to vomit, sometimes with blood. After the "sport" the SS-men would order those who could get up to carry to the barrack those that could not walk despite beating and kicking. Over 3000 Polish Catholic priests were murdered in concentration camps and prisons by the Germans during the war. I saw two Catholic priests, monsignors in their sixties, collapsing after one of these dehumanizing "sport" routines. Some of these routines originated from military drill developed in the 19th century Prussian Army for soldiers, most of whom were Polish, did not speak German because they inhabited Polish provinces annexed by Prussia during partitions of Poland at the end of 18th century. Among prisoners who were on starvation diet, many were old and sick for whom this sport was murderous. Obviously the German intent was to eliminate the weak by exhaustion or outright killing in the plain sight of other prisoners, whose spirit was to be broken and remain so. Hitler's government treated human life as a natural resource to be systematically extracted with a high degree exploitation efficiency. The SS-men seemed to be motivated by German patriotism and the "Rassen wahn" or "racial delusion" mixed with sadism. Many of the SS-guards assigned to Sachsenhausen Konzentrationslager previously served in Spain in German expeditionary forces during the Spanish civil war. They used Spanish curse words, such as "carajo" and added them to vulgarities of their German repertoire. They also brought from Spain the feeling of contempt for Muslims. The slang expression coined by the SS-guards for rundown prisoners was "Musulmaenner." One monster SS-man - a heavy weigh boxer, Obersturmfuerer Bogdalle, was especially cruel. He would order a prisoner to stand to attention and then suddenly hit him in the stomach. Many of his victims suffered internal tears such as bursting of the liver or kidneys. Another killer, Untersturmfuehrer Schubert, spied on prisoners from a distance for a smallest infraction such as walking instead of running and then beat them mercilessly. The command: "alle Musulmaenner austreten" (all Muslims step forward) would start the selection by the "Blockaeltester" of the most rundown prisoners too sick and too weak to do any work. They were supposed to be further weakened and then killed. During the quarantine, a man from my transport, an electrical engineer named Owczarek, scaled the double electric fence. He used a ladder, on each end of which he tied a pair of tennis shoes in order to use the rubber sole as electric insulation. During the morning count he was missing and the prisoners were kept standing for three days in front of their barracks until the escapee was brought back to the camp. Since he was from our building we were extra worked over with nasty "sport" routines. The Canal Commando After about three months in quarantine barracks the "Zugaenge" or new arrivals were assigned to regular barracks and sent to work. Witek and I, as well as many other inmates from our transport, were sent to the "Canal Commando," which unloaded cargo at a port on a canal connecting rivers near Berlin. The cargo usually consisted of building materials and debris of broken up concrete pavements and buildings. We were unloading the cargo amidst swinging clubs and shouts: "Bewegung, schnell, faulenzer Drecksaeke " (move, fast, lazybones, you shit bags). I worked on the barge unloading materials while Witek was ordered to run while pushing (operating) a heavily loaded wheelbarrow. I did not have work gloves and the skin on my hands was heavily abraded and infected after I had to unload one hundred pound cement bags for days on end. Witek's war wound became reinfected. His wounded arm was shorter and often he was losing balance while running with the wheelbarrow . Each time it happened the SS-men clubbed him mercilessly and called him "bloede Sau" (stupid swine), etc. After several months of such an ordeal Witek committed suicide. He was terribly rundown and in pain. One morning, before going to work, he had deliberately thrown himself on the barbed wire of the electrified fence and brought on himself machine gun fire from nearby guard tower. He died on the spot. I remember him affectionately to this day. "Tongrube" (the clay pit) "Klinkerwerk" or brickyard consisted mainly of a large building, about 600x600 fteet. It housed twelve gas generators and twenty four canal baking ovens through which insulated platforms moved bricks through the fire zone. The raw clay was brought by narrow gauge railroad from a clay pit called "Tongrube." It was located few miles away from the main brickworks. Shooting of prisoners had to be reported and certified by special SS-officers. When I was working in the clay pit, such special SS-officers traveled each morning to the "Tongrube" to save time, as they expected to report daily prisoners' death by shooting. A digging machine equipped with buckets was mounted on two rails some ten fteet apart. It loaded clay directly on hopper wagons of the narrow gauge railroad. In order to accommodate the clay excavation schedule, the prisoners had to move the rails to a new position for the digging machine, as well as the narrow gage rails of track next to it. At the low point of the clay pit, there was accumulation of muddy water, which was more than ten feet deep in which a number of prisoners drowned. The rail sections were about ten meters (thirty feet) long. The rails were mounted on wooden railroad ties. Periodically rail sections had to be relocated by the prisoners. They had to stand between the ties, grab the rail and lift it so that they could get their shoulders under it in order to carry it through soft mud to the next location. Prisoners were not lined up by body height so that the shorter men actually pulled themselves up to avoid beating by SS-guards and "Vorarbeiters" as the prisoner-foremen were called This of course increased weight of the entire load. In addition the SS-men often remained standing on the ties in order not to have to walk in the mud and at the same time to have access to prisoners to kick and hit them. The inferno created by the repositioning of rail sections is hard to describe. I believe that the continuous hunger bangs of the prisoners created kind of stupor which to some extent isolated them from the awful reality of the atrocities. By that time the malnutrition took visible toll on my organism. My body weight dropped from the initial 180 to 97 pounds. My molar teeth were crumbling and gradually I lost most of them. X-ray survey and gassing of TB positive prisoners. In Summer of 1944 an X-ray survey was conducted in Sachsenhausen camp to identify prisoners ill with tuberculosis. Since I was coughing and spitting blood, a friend of mine who was a medical doctor, Stanislaw Kelles-Kraus, told me to try to get someone in a better health than I, to substitute for me during the X-ray exam. The substitute prisoner had to put on my prison clothing with my identification number. This was Kazio Wiecek, who after the war practiced law in Chicago. Of course he took great risk by doing so. It should be noted that in Sachsenhausen the identification numbers were marked on clothing but not tatooed on prisoners' skin it as was practiced in Auschwitz. (As it happened, Kazio's prison identification number differed only by one digit from mine, which was 28865.) After the war I have learned that I had a number of TB calcification-scars in my lungs and therefore very likely I would have been selected for the gas chamber, which was in the adjacent to the camp industrial yard or the "Industriehof of the Sachsenhausen Koncentrations Lager." The list of numbers of prisoners, who apparently were diagnosed with tuberculosis, were send to barracks in order to form a transport. Word spread that the men listed were to be gassed. During the following counting of prisoners, Janek (I think his last name was Olszewski) from Torun was missing. SS-men suspected that he was hiding in the camp and they used dogs to locate him under a man-hole cover in the camp sewers. Janek was brought to the "Raportfuehrer", the SS-man in charge, who asked him: "Why did you hide? The place where your transport is going is better than Sachsenhausen." Janek answered: "I know, but I would like to live longer." One day in the Spring of 1944 I was ordered to help load corpses onto a large flatbed truck for transport to the in-camp crematorium. I noticed signs of life in a man buried under several layers of corpses. I got him out from under the dead men and I recognized him. He was Jozef Kettner, a noncommissioned officer from Kalisz, Poland. He was both monstrously swollen and compressed. His bloated legs filled his pants and under the weight of bodies piled on top of him his legs were flatten to a thickness of two to three inches. He could not walk, so I carried him into a nearby building of the camp hospital called "Revier," where I knew several medics. It was truly a miracle that Josef Kettner survived the ordeal and was able to return to his family in Poland after the war. The carpet bombing In the Spring of 1945, I was reassigned to work in the main building of the "Klinkerwerk". By that time "Kninkerwerk" became a satellite camp of Sachsenhausen with sleeping quarters, however, the same prison identification numbers were maintained. By that time, the huge brick baking ovens were converted to serve as heat treatment of mortar shells. On April 10, the sirens sounded alarm because American flying fortresses were approaching. While the SS-guards hid in the bomb shelters, which were not available to prisoners, I climbed on the roof to see the airplanes. Suddenly I realized that smoke bombs, used for marking bombing targets, were released so that they were heading directly towards the building I was watching them from. I got down from the roof to the top of one of the 10 feet high brick backing ovens when I heard the explosions, which formed a uniform roar of the first wave of bombs of the carpet bombing attack that was in progress. I held my mouth open in order to equalize air pressure on my ear drums and I tried to get out of the building and into the open. After two waves of bombs exploded in the huge building I managed to get outside and get into a crater made by an earlier bomb explosion. Before the bombing was over I had to move from crater to crater as the sand was shifting by bomb explosions and was filling craters made by earlier bombs. When explosions ceased, after two hours of bombing I found a sizable piece of fragmentation bomb in my pocket. I was not wounded, however, I must have suffered a strong concussion because for several months I perspired only on one side of my head. Close friend of mine, Mieczyslaw (Mietek) Hildebrandt (now a chemical engineer in Paris, France) operated one of the generators during the night shift and was waken up by the roar of the carpet bombing. He got outside just in time before phosphorous bombs set the wooden barracks on fire. Near him a group of prisoners started to cut the barbed wire fence, which just lost the high voltage. An SS-man got out of his concrete shelter and took aim at the prisoners who were trying to get out through a hole in the fence. At that moment a phosphorous bomb killed the SS-man before he could fire. Cannibalism Some of the prisoners jumped from higher floors of the brickyard building on a large outdoor storage of coke, without realizing that it was already burning wothout producing visible flames. It was set on fire by phosphorous incendiary bombs in the earlier stage of the raid. Their bodies were literally baked. I later saw starved Soviet prisoners carving and eating flesh from the thighs of the corpses. Later on a Soviet officer, Ivan (Vania) Davidovich, captured in battle of Sevastopol, Crimea, and an inmate in Sachsenhausen told me how Lazar Kaganovich used hunger as a weapon in the early thirties to force collectivization. In Ukraine alone some seven million people were starved to death. Cannibalism became widespread. The effects of Soviet brutalization of they own people still could be seen a few years later in Sachsenhausen. Casualties of the American bombing There were about 2,000 prisoners in "Klinkerwerk" satellite camp during the American carpet bombing from 3.05 p.m. to about 4.50 p.m. Practically all prisoners were nationals of countries allied with the United States and therefore in present day terminology, the carpet bombing was a tragic case of a "friendly fire." By the time the bombing ended some 700 prisoners were dead and only about one thousand could walk back to the main camp of Sachsenhousen. Cleaning work was conducted during following days. Dead bodies of prisoners were loaded on trucks, and shipped directly to the crematorium. I was told that seriously injured prisoners were sent to the gas chambers and then to crematorium. SS-guards did not permit any rescue efforts on the part of the prisoners Death march of Brandenburg Ten days after the carpet bombing destroyed the satellite camp "Klinkerwerk," on Apr. 20, 1945, the nine-year existence of the Oranienburg-Sachsenhausen Concentration Camp came to an end. On that day the camp was evacuated and the "death march of Brandenburg" of 33,500 inmates began. On May 2, 1945, the columns of remaining 18,000 inmates from Sachsenhausen found themselves in no-man's land near Schwerin; some one hundred kilometers north-west from Berlin. Corpses of 6,000 inmates shot by the SS-guards along the evacuation road were counted and are listed on the monument at the camp site. I have heard that the American commander in Schwerin ordered local German civilians to bury 900 dead shot by the SS-guards. Since all Jews were transported east in 1943, where most of them were murdered, there were no prisoners marked with the star of David among the thousands of inmates in Sachsenhausen at the time of the evacuation of the camp. I and Mr. Hildebrandt marched in column of prisoners from Sachsenhausen. When we were passing a column of women prisoners from Rawensbrueck Concentration Camp for women, one of the women prisoners shouted in Polish a question: "Did you get any food from the Red Cross?" Someone from Sachsenhausen answered: "No, instead we are getting hell from the Black Cross. (German Swastica)" Leon Kulikowski, now an architect in California, told me how he served in the First Polish Army (organized by the Soviets), which in the night of Apr. 17/18 successfully crossed the Oder River near Berlin along with Soviet forces. It was in fact the only not Soviet force storming the German capital. In the evening of Apr. 20, 1945 the German army retreated from Oranienburg-Sachsenhausen and the first regiment of the first division of the First Polish Army, took control of the entire area. This brought an end of the operation of the Sachsenhausen Concentration Camp. About quarter million inmates passed through Sachsenhausen during the camp operation in 1936-1945; 130,000 inmates of 41 different nationalities died there. The camp was equipped with gas chambers. Also equipped with gas chambers was the Rawensbrueck Concentration Camp for Women. It operated six years in 1939-1945; 130,000 women of twenty seven nationalities were held there including 40,000 Polish women. 92,000 women died there. Henryk Szlajfer is the chief contender for the post of Polands Ambassador to the USA Before 1989 Szlajfer was associated with the leftist circles, including in Solidarity. After 1989, he began working for the Ministry of Foreign Affairs. Among other things, he has served as Director of the Ministrys Americas Department and the editor-in-chief of the bi-lingual (Polish and English) Polish Quarterly of International Affairs. An economist and sociologist by training, he was also affiliated with the Institute of Political Studies of the Polish Academy of Sciences. However, after 1968, he has always kept a very low profile in both his dissident and bureaucratic incarnations. Szlajfer comes from a top Communist family in Poland (his uncle also Henryk Szlajfer -- was a Soviet partisan, almost certainly with the NKVD, who was killed in 1944 most likely by anti-Communist Poles). His parents, relatives, and friends occupied top posts in the Communist party and government after the Soviets occupied Poland in 1944. In the late fifties through the mid-sixties high-school and in college (University of Warsaw), Szlajfer participated Adam Michniks dissident Marxist (Trotskite) group called The Commandoes. Michnik has a similar family background as Szlajfer. In 1968, Szlajfer was targeted by the secret police during the Communist anti-Zionist campaign. Szlajfer was one of the student leaders arrested by the secret police during the disturbances and student riots in March 1968. The unrest erupted in the wake of the banning of a Romantic-era play, Adam Mickiewiczs The Forefathers Eve, by the secret police because it was considered anti-Soviet. (It does have many anti-Russian elements.) In any event, Szlajfer allegedly broke down under interrogation and became an informer following March 1968. This was recorded by Paul Lendvai in his Anti-Semitism Without Jews: Communist Eastern Europe (Garden City, NY: Doubleday, 1971). Lendvais contention, based upon information from other victims of the 1968 anti-Zionist campaign, can be verified in the secret police archives at the Institute of National Remembrance in Warsaw. An entry or, more precisely, two entries for Szlajfer Henryk are recorded on the so-called Wildsteins list IPN BU 644/596, KBW, akta osobowe; and IPN BU 001043/1706, Mikrofilmy MSW, jedynki MKF. The first entry denotes personal files and likely concerns Henryk Szlajfer the uncle who was with Polands NKVD (KBW). The second entry regards the Henryk Szlajfer in question. The jedynki MKF information denotes that Henryk Szlajfer was either a candidate for a secret agent or a secret agent. MKF means that the material exists on microfilm only. It appears that the original of the operational acts of Henryk Szlajfer was destroyed by the Communist secret police and now any inquiry will have to base itself on analysis of the microfilm. (The same concerns many other cases, including Polands ex-Communist President Aleksander Kwasniewski, whose original papers were largely destroyed). See:
http://www.glos.com.pl/
http://www.glos.com.pl/lista_ipn.html
http://www2.glos.com.pl/IPN/s1.pdf
Paul Lendvai in his Anti-Semitism Without Jews: Communist Eastern Europe (Garden City, NY: Doubleday, 1971)
Donos dyplomatyczny, Zycie Warszawy, 27 April 2005 http://www.zw.com.pl/apps/a/tekst.jsp?place=zw2_ListNews1&news_cat_id=9&news_id=62000
Michael Bernhard, Henryk Szlajfer, and Jan Kofman (eds.), Voices from the Polish Underground: Selections from Krytyka, 1979-1993 (University Park, PA: Pennsylvania State University Press, 1995)
Szlajfer, Henryk, Polacy-Zydzi: Zderzenie stereotypw: Esej dla przyjacil i innych (Warszawa: Wydawnictwo Naukowe Scholar, 2003). (Read the Polish Version of this Text: http://www.pogonowski.com/display_pl.php?textid=54
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